dimanche 26 août 2018

La lutte contre le cholestérol s’intensifie.

« Les gens ont moins d’argent, ils fonctionnent en flux tendu », décrypte Alban, en poussant le sien où deux malheureux sacs peinent à occuper dignement l’espace. Et pourtant, nous sommes ici dans un temple de la consommation : le Carrefour de Montesson (Yvelines), navire amiral du groupe en Île-de-France. Plus de 18 000 m² de surface commerciale, un chiffre d’affaires annuel supérieur à 200 millions d’euros.

Inflation : «La viande et le poisson sont devenus des produits de luxe»

La famille sort de l’hyper avec un chariot à 160 euros. Dans les trois sacs qu’il contient, « pas de poisson, pas de viande, pas d’alcool, juste des basiques, des laitages, du jambon, un pyjama pour Gemma, des affaires pour la rentrée », énumère Virginie, responsable administration des ventes dans une entreprise.
En chœur, ils concluent : « On vit correctement jusqu’au 20 du mois. 400-500 euros de plus, ça serait l’idéal, mais depuis 10 ans, nos salaires n’ont pas augmenté. » Laurent sait qu’il n’est pas le plus à plaindre. Sa mère, elle, « prend de plein fouet la hausse des prix », car « la hausse de la CSG a rogné sa retraite ».
À la station-service Carrefour, à l’autre bout du parking, les automobilistes font le plein en serrant les dents. L’œil vissé sur la pompe où les litres de carburant défilent, pendant que l’addition grimpe. Les prix de l’énergie, « en hausse pour le quatrième mois consécutif », ont bondi de 14,3 % sur un an, indique l’Insee.
« J’essaie de m’adapter, glisse Olivier, la cinquantaine. Par exemple, je ne mets plus jamais une goutte d’essence sur l’autoroute, les prix sont trop matraqués. » Jean-Pierre a fait son calcul. « La hausse des prix de l’essence me coûte près de 10 euros en plus par plein. À la fin de l’année, ça fait beaucoup ! » fulmine-t-il. Double peine, ce « gros rouleur » est aussi « un gros fumeur ». Et de grogner : « L’inflation énergie-tabac, c’est vraiment pour ma pomme ! » Source