dimanche 3 décembre 2017

Google nous vole le langage.

"Aucun algorithme n'a conscience qu'en fixant le prix d'un mot il modifie la réalité sociale, culturelle, historique, idéologique ou religieuse que nous associons à ce mot et qui nous servent à structurer notre rapport au monde et aux autres. »


Extraits de la source (Ici)
jamais avant l'invention des liens sponsorisés et du capitalisme linguistique, jamais l'accès aux connaissances n'avait été à ce point et à cette échelle subordonné non pas aux mots comme éléments de la langue, mais aux mots comme vecteurs d'une idéologie marchande de circonstance. Cette rupture là est, je crois, fondamentale. Et elle peut être expliquée et décrite en 4 phrases simples (les deux premières étant celles de l'analyse proposée par Frédéric Kaplan) :
1. Les mots avaient un sens. Ils ont désormais aussi un prix.
2. Ce sont des algorithmes qui fixent ce prix.
3. Ce prix change le sens des mots puisqu'il rend certaines pages, certains contenus et donc certaines idées, totalement invisibles.
4. Aucun algorithme n'a conscience qu'en fixant le prix d'un mot il en change le sens social ; c'est à dire qu'il modifie la réalité sociale, culturelle, historique, idéologique ou religieuse que nous associons à ce mot dans les constructions linguistiques qui nous servent ensuite à bâtir l'ensemble de nos représentations intellectuelles et à structurer notre rapport au monde et aux autres. 

 Jamais en plus de 10 siècles d'histoire du livre, jamais en cinq millénaires que compte l'histoire de l'écriture, jamais les mots n'avaient eu un prix, jamais on n'avait organisé la spéculation sur les mots, jamais ni les mots ni d'ailleurs la connaissance n'avaient été un "marché".


HAL.




Que vaut une société prête à interdire certains mots pour des raisons que l'on nous dit ... "industrielles" comme avant elles les lectures (industrielles aussi), et puis les écritures (industrielles toujours) ?


"A l'heure actuelle, le business model prédominant pour les moteurs de recherche est celui de la publicité. L'objectif de ce modèle publicitaire ne correspond pas toujours à la capacité de fournir des résultats de recherche de qualité pour les utilisateurs. A titre d'exemple, dans notre moteur de recherche, lorsque l'on tape "téléphone mobile", l'un des 1ers résultats organiques est un article de recherche "Les effets de l'usage du téléphone portable sur la capacité d'attention des conducteurs", qui détaille les raisons pour lesquelles il est dangereux de téléphoner en conduisant. Ce résultat est sur la 1ère page du fait de sa pertinence calculée par notre algorithme. Il est clair qu'un moteur de recherche dont la régie publicitaire bénéficierait de l'argent versé par des annonceurs qui vendent des téléphones portables aurait des difficultés à justifier la présence de cet article en première page de résultats. C'est actuellement le cas de Google. Pour cette raison et du fait de notre longue expérience avec d'autres médias, nous déclarons que les moteurs de recherche reposant sur un modèle économique de régie publicitaire sont biaisés de manière inhérente et très loin des besoins des utilisateurs.
(...) le droit d'être listé en lien sponsorisé tout en haut de la page de résultats pour certaines requêtes (...) est encore plus insidieux que la "simple" publicité parce qu'il masque l'intention à l'origine de l'affichage du résultat. Si nous persistons dans ce modèle économique, Google cessera d'être un moteur de recherche viable."
(...) En général et du point de vue de l'utilisateur, le meilleur moteur de recherche est celui qui nécessite le moins de publicité possible pour lui permettre de trouver ce dont il a besoin. Ce qui,

bien sûr, condamne le modèle de régie publicitaire de la plupart des moteurs de recherche actuels. De toute façon, il y aura toujours d'énormes quantités d'argent investies par des publicitaires soucieux d'orienter le consommateur vers leurs produits ou de créer chez lui un besoin de "nouveauté". Mais nous croyons que le modèle publicitaire cause un nombre tellement important d'incitations biaisées qu'il est crucial de disposer d'un moteur de recherche compétitif qui soit transparent et transcrive la réalité du monde."
Voilà. Nous étions alors en 1998.

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Bientôt, la planète des singes et 2001 l’odyssée de l espace en « vrai ».
Sans langage il n’y a pas d’humanité. Sans écriture, il n’y a plus d'histoire.


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