vendredi 23 juin 2017

La propreté dans le monde musulman.

Bien, je m'y colle. Sujet sensible. On lit et on entend "les arabes sont sales".

Moi, je témoigne que non, s'il y a saleté par zones géographiques dans les pays musulmans, la saleté n'est pas inhérente à l'islam.

Je témoigne. Et je vais vous raconter une histoire.

Un jour, il y a déjà bien longtemps, je me retrouve par le plus grand des hasards sur une petite route sinueuse. Je débouche après moulte lacets devant un paysage absolument magnifique, d'une beauté à couper le souffle.

Des cultures en espaliers au cordeau. Qui descendaient doucement la colline et remontaient, après avoir sauté un val, sur celle d'en face. Chaque espalier avait une couleur. Du jaune vif au vert tendre en passant par des dégradés de rouges...

J'étais saisie par tant d'harmonie. Je contemplais, pensais-je, des millénaires de cultures sur une terre apprivoisée et soignée. Chaque espalier était retenu par des murets de pierre tres bas et des larges allées menaient à des escaliers toujours en pierre.

Je pensais que des lutins venaient nettoyer le tout, tellement c'était propre. Pas une mauvaise herbe, pas de branches ou de feuilles oubliées au sol. Magique.

Plus que des cultures, une œuvre d'art. Donc je m'assois et je contemple totalement subjuguée.
C'est une des plus belle chose qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie.


[ceci est une photo du Vietnam. Les cultures druzes en espaliers que j'ai vu ressemblent à ça].

Au bout d'un moment, un petit bruit. Je lève la tête et je vois un monsieur qui me regarde sans bouger.
Je ne me souviens plus de son visage par contre je n'oublierai jamais son costume.

Longue tunique sous les mollets recouverts par des pantalons, le tout d'une blancheur éclatante.
Au milieu de nulle part, un homme sorti d'une publicité pour lessive.

Moi, avec l'enthousiasme de la jeunesse innocente, je lui demande s'il est le propriétaire de cet endroit et je me mets à lui poser mille question sur son travail de la terre, ses récoltes, etc..

Il me répond, puis il me montre ses olives, ses jarres, enfin bref, il me parle de son exploitation et moi, je regarde tout ce travail avec une admiration sincère. Je visite.

Il m'invite à rentrer chez lui pour le thé. Dans sa maison, pas un grain de poussière, du bois reluisant et des tapis et des coussins, de la fraîcheur, une odeur agréable...

Dans la grande pièce, un claustra derrière lequel quelques bruissements...une femme voilée apparaît avec le plateau à thé... je dis bonjour mais elle fuit... le monsieur comprend que je suis interloquée...
Je fais "comme si" mais... bon... on entend les rires étouffés des femmes qui nous regardent derrière la si fragile cloison et, forcément, je suis gênée...

Alors, le monsieur fait quelque chose de vraiment gentil, pour toutes les femmes de la pièce, y compris moi. Il donne la permission à ses deux filles de venir prendre le thé avec nous.

Et il rit.

Tout chez lui était beau et intincellait, y compris la vaisselle. J'étais chez des druzes sans le savoir.

Certains ici diront en commentaire que les druzes ne sont pas de "vrais musulmans". Il serait bon qu'ils aillent le leur dire en face et qu'ils reviennent nous dire comment s'est passée la conversation.

Les druzes sur Wikipedia