lundi 27 mars 2017

"Peak All", le blé entre offre et demande.

170 € la tonne rendue Rouen au 20 février, le prix du blé évolue dans un tunnel qui ne permet pas de compenser la mauvaise récolte 2016. Mais, selon Offre et demande agricole, les fondamentaux de marché maintiennent ces prix sur une tendance haussière à moyen et long termes.

 Le bilan mondial en blé évalué par le ratio stock/consommation attendu par la société de conseil pour 2017-2018 pourrait être « le plus tendu depuis 2007 ».
« Plus de la moitié du stock mondial de blé est en Chine. Or cette majorité du stock n’est pas mobilisable. Un stock n’est intéressant que s’il est mobilisable ».
Le bilan blé, en jours de consommation, sans compter la Chine, sera le plus tendu en 2017/2018 depuis 2007. (©ODA)
Le bilan blé, en jours de consommation, sans compter la Chine, sera le plus tendu en 2017/2018 depuis 2007.Stock de blé mondial, en jours de consommation (©ODA)
Comme en 2015-2016 et 2016-2017, le stock mondial de blé va rester à son plus haut niveau en 2017-2018, équivalent à plus de 120 jours de consommation, contre 75 jours en 2007-2008. Mais sans le colossal stock chinois, ce bilan tombe à environ 72 jours !
Sur le plan européen, les exportations de blé restent sur des niveaux comparables à la campagne 2015/2016 « alors que la faiblesse de la récolte nécessiterait une réduction d’un tiers pour équilibrer le bilan européen »
« On va avoir un problème : la France mène une campagne d'exportation comme si elle avait fait une bonne récolte ». Source

Pour les fabricants d'engrais, « c'est un tableau mitigé : les prix des engrais ont baissé, mais ceux des matières premières pour les fabriquer aussi ». Source
A moyen terme, le secteur s'interroge surtout sur le comportement des gros importateurs de blé du Moyen-Orient et d'Afrique, aux revenus très dépendants du pétrole. Les chiffres sont encore provisoires, mais « cette année, l'Arabie saoudite est clairement en retard sur ses importations » et l'Iran va diviser ses achats par trois, constate François Luguenot. L'accord sur le nucléaire a sans doute pour effet de rassurer Téhéran, moins incité à stocker du blé.
Au Nigeria, qui vit essentiellement de la manne pétrolière, « la consommation de blé stagne alors qu'elle était jusque là en nette hausse », constate Mme Defois. Quant à l'Algérie, elle a pour l'instant « fait le choix de continuer à acheter du blé », entre autres pour « acheter le calme à ses frontières » avec la Libye et le nord du Mali, où elle revend de la farine, explique François Luguenot.

Il ne faut pas omettre l'existence de facteurs qui font baisser les prix. Une croissance économique plus faible que prévue dans des pays comme la Chine et l'Inde peut freiner l'évolution de la demande
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Alors que, rémunération du céréalier comprise, le prix de revient moyen de la tonne de blé français est de 170€, le prix de vente la tonne de blé tendre rendue au port de Rouen pour l’exportation n’était que de 153€ le 12 janvier dernière, en baisse de 3€ par tonne. Ce prix intègre la marge de la coopérative qui vend le blé et le coût du transport. La rémunération du céréalier tombe dès lors sous les 140€ la tonne.

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Pour le seul mois de février, le prix du blé  a reculé de 5%  après une chute de 20% sur un an. Et la baisse continue en mars mettant la tonne de blé tendre à  140€. De quoi décourager la production avec  le risque de déboucher sur des pénuries  et des prix en forte hausse  dans deux ou trois ans.

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Le blé, les céréales, c'est du pétrole ! Le prix du pétrole baisse donc le prix des engrais baissent, le coût du transport baisse mais pas le prix du blé à l'achat... Curieux, non ? 


La vie des engrais. Source

« Aujourd'hui, la corrélation est moins nette entre le pétrole et les matières premières agricoles qu'entre 2005 et 2008 » (groupe InVivo).A l'époque, des produits comme le blé tenaient une place de choix dans le portefeuille des fonds spéculatifs, un phénomène qui a régressé depuis la crise financière. Conséquence : « depuis le 1er janvier, le pétrole a baissé de 20 % mais le prix du complexe blé-maïs-soja à Chicago est resté quasiment stable, augmentant de 1-2 % » (Horizon Soft Commodities). Source



Olocène pétrole et agriculture