lundi 20 mars 2017

Corse et statistiques ethniques.

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Depuis le 18 mars, plusieurs syndicats, élus et professeurs corses s'insurgent contre deux questionnaires destinés aux élèves de l'île, l'un pour l'enseignement primaire, l'autre pour le secondaire. Ces QCM auraient, selon ces observateurs, un caractère "intrusif" et incompatible avec les valeurs de laïcité de la République et de son Éducation nationale.

Certaines questions, peuvent en effet être interpretées comme une volonté cachée de rassembler des statistiques communautaires. Les questionnaires s'attardent d'abord sur la composition de la famille et la nationalité de l'enfant, et si ses parents travaillent ou cherchent un emploi.

Viennent ensuite celles traitant plus particulièrement des langues parlées, lues et comprises par l'enfant : "À la maison, quelle langue entends-tu?", "À la maison, quelle langue ton père/ta mère comprend-il/elle?"


La Ligue des droits de l'Homme a elle aussi réagi à l'affaire : "Mesurer la diversité et les discriminations nécessite de s’interroger sur des données sensibles puis d’opérer un traitement de ces données qui n’aboutisse pas à assigner chacun à une identité définitive et réductrice uniquement liée à l’existence de communautés arbitrairement définies, explique l'association dans un communiqué daté du 19 mars. Le processus de construction de l’identité est un processus évolutif," ajoute-t-elle.

Le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni justifie sa démarche dans son courrier adressé au président de l'université de Corse, le 10 février. Afin d' "élaborer un modèle de gestion" de la diversité de la population corse, il a souhaité faire "un état des lieux quantitatif  (...) indispensable pour évaluer l'importance de chacun des groupes culturels au sein de la population".

La diffusion est suspendue.