mercredi 4 janvier 2017

Trump et Poutine le couple du peak-oil

 Donald Trump déclare placer à la tête de la diplomatie américaine le patron du géant pétrolier Exxon, Rex Tillerson.




« Tillerson Rex », par TOad (http://www.unsitesurinternet.fr/)

[Source, Matthieu Auzanneau qui fait depuis toujours un travail remarquable sur le sujet.
Le résumé d'hier ici, et tous les articles du blog sur le pétrole.]


Depuis 2015, la chute des cours du baril a provoqué pour Exxon – comme dans toute l’industrie du brut – un effondrement des investissements qui n’augure rien de bon pour la production future.
 Rex Tillerson a imposé à Exxon un changement de pied sensationnel et périlleux, en s’associant à Vladimir Poutine. Le but : développer – à coups de centaines de milliards d’investissements éventuels au cours des prochaines décennies – les deux ultimes cibles majeures sur Terre pour l’industrie pétrolière, dont le potentiel réel demeure inconnu : l’Arctique russe et les pétroles et gaz « de schiste » de Sibérie occidentale.
Le rapprochement d’Exxon et du Kremlin est un vertigineux symptôme de l’approche dupic pétrolier.




L’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans le langage toujours policé de son dernier rapport annuel, publié en novembre, met plus ouvertement que jamais les points sur les « I ». Voici quelques-uns des points d’alerte les plus significatifs :
– plus de 50 % des champs pétroliers mondiaux ont franchi leur pic de production, et déclineront à l’avenir ;
– les investissements dans le développement de la production d’hydrocarbures devraient tomber à 450 milliards de dollars en 2016, contre un montant record de plus de 700 milliards avant la chute des cours ;
– les découvertes annuelles sont au plus bas niveau depuis 70 ans ;
– en 2025, il devrait manquer environ 16 Mb/j, l’équivalent de la production de l’Arabie Saoudite et de l’Iran





Plus alarmiste, la banque HSBC (qui avait déjà montré son inquiétude à l’égard du pic pétrolier), souligne les faits suivants dans un rapport paru en septembre intitulé « Le déclin des champs matures conduira-t-il à la prochaine crise pétrolière ? » :
– au moins 64 % de la production mondiale est en déclin ;
– d’ici à 2040, il faudra développer plus de 40 Mb/j de ressources nouvelles (soit près de la moitié de la production mondiale, ou l’équivalent de quatre Arabie saoudite) ne serait-ce que pour maintenir ladite production à son niveau actuel ;
– les petits champs pétroliers entrent en déclin généralement 2 fois plus vite que les grands, or la production mondiale de brut dépend de plus en plus de petits champs ;
– « les importantes améliorations dans la production et l’efficacité des forages intervenues en réponse à la chute des cours ont masqué les taux de déclin sous-jacents que connaissent bon nombre de compagnies, mais le degré auquel ces améliorations peut se poursuivre devient beaucoup plus limité ».

Cette crise de 2008, dont nous ne sommes toujours pas sortis, fut prima facie une crise de la dette résolue par davantage de dette ; mais elle pourrait se révéler être la grande crise des débuts des limites physiques à la croissance.




Commerce international


Les réserves de devises chinoises....


L'euro


L'inflation allemande....


Dit autrement, le potentiel de croissance de l’économie mondiale pourrait être trop faible pour maintenir la production mondiale de pétrole, notre source primordiale d’énergie. Cette hypothèse, qui semble apparaître à travers d’une part une trop faible progression des revenus des classes moyennes, et d’autre part une trop forte progression des coûts divers induits par la complexité nécessairement croissante de nos sociétés techniques, est explorée avec talent et constance sur le blog de l’actuaire américaine Gail Tverberg, « Our Finite World ».

------j'ajouterais que l'amitié russo-américaine ne date pas de Trump quand il s'agit de forer dans le Nord de la Terre. Cela a commencé il y a à peu près 8 ans en Sibérie avec les dégâts que nous connaissons tous. BP y était aussi, ils y étaient tous. 

Il y a une concentration du Kapital russo-américaine maintenant accélérée. Un changement d'échelle c'est tout.

Un monde sans pétrole c'est une banane algérienne à 10€, des vénézuéliens aux portes des magasins et des vagues migratoires vers des pays sans emploi. 

Vu ici de nombreuses fois : il n'y a pas plus d'énergie renouvelable adaptée à la persistance de notre niveau de vie que de beurre en branche.

Tout ce qui est panneaux solaires, éoliennes et routes électriques (?) demandent une quantité d'énergie fossile phénoménale et leurs développements est à rapprocher d'un crime contre l'humanité. Je ne parle même pas du vol pur et simple de nos bas de laine ! 

Le pic pétrolier qui a créé la crise de 2008, a créé les révolutions arabes, la financiarisation de l'économie, les guerres au MO, les spoliations, le chômage de masse, la hausse de la mortalité, l'EI et Boko Haram qui s'étend en Afrique. Un monde sans pétrole ce sont les ténèbres qui s'étendent sur le monde. Ténèbres de toutes natures. 

La seule transition dont il est question c'est passer de 7 milliards à 1. Et ce que je vois arriver est noir comme le charbon.  

Dans un premier temps le Kapital va encore se concentrer davantage. Jusqu'à l'explosion des peuples contraints. Un monde contraint c'est la fin des démocraties. Ils tireront dans le tas.

9 commentaires:

  1. On me trouve pessimiste mais là, c plus noir que noir.... Et il n'y a pas de démon, de diable, ni de Dieu.... Juste une société humaine déséquilibrée qui se casse la gueule.... La lumière reprendra le dessus mais est-ce que ça en vaut le prix?????

    Un monde contraint, c'est explosions nucléaires en série (les vieux réacteurs sont légions en Europe, en Asie et en Amérique).... Sans compter que coïncidence ou pas, on récoltera les changements tectoniques et climatiques de la Terre....

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    1. C'est exactement ce que tu dis, exactement !!!!

      Bizzzous Skual !

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    2. L'apocalypse c'est pas top ....! Peu de survivants...

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    3. L'apocalypse, c'est le dévoilement, pas la crise. L'apocalypse (le dévoilement) accompagne la crise car la crise fait émerger les véritées gênantes.

      En Grec il y a un seul mot pour crise et jugement : Krisis.

      Krinô signifie juger.

      Bref, comme on dit c'est devant l'adversité qu'on révèle ce qu'on est. Pour l'instant c'est pas joli joli.

      Le pic pétrolier ne signifie pas la fin du pétrole mais la fin du pétrole saoudien bon marché. L'enjeu est donc de savoir qui controlera l'hydrocarbure restant et son acheminement.

      L'effet de la gausse du pétrole des années 2006-2010 a été de renflouer les caisses des producteurs secondaires (=pas du golfe) ce qui s'est traduit par une résurgence de la puissance russe et des régimes autonomes des USA au Vénézuela et en Equateur.

      Toute la politique de l'axe Néocons-saoud a été de refaire tomber les cours pour ruiner ces pays tout en exterminant les pays capables d'acheminer gaz et pétrole en Europe sans passer par eux : Syrie et Libye.

      Le patron de Total a été liquidé pour avoir tenté de brise le blocus en négociant avec les Russes.

      Aujourd'hui il est clair que cette politique n'est pas parvenue à ses fins. Hassad a gagné la guerre. L'économie US ne peut pas continuer à financer le blocus, les saoud ne peuvent pas fournir du pétrole cheap indéfiniment, Isis a perdu le contrôle des champs pétroliers syriens. La Crimée reste russe. Par contre les proxies islamistes ont explosé à la figure des gouvernements occidentaux qui les manipulaient. Fiasco total.

      On finira donc par négocier avec les pays ayant du petrole et du gaz et qu'on n'a pas pu mettre à genoux.

      Trump représente le plan B des pétroliers US. Business as usual.

      Je vous rapelles que l'apocalypse (la révélation) a débuté par l'annonce faite à Marie. Ce n'est pas un moment dans le futur. C'est l'Histoire du christianisme de l'annonce faite à Marie au jugement (krisis) dernier.

      Geocedille

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    4. Merci !

      Tout est dit ! ( comme de coutume !)

      :)

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  2. Je crains qu'il y ait cette fin de semaine une sujet beaucoup plus sensible que le Peak Oil : on annonce une chute brutale des températures avec un -15°C dans certaines régions d'ici qq jours.

    Je n'ai pas eu le tps de creuser au boulot (je suis sur une enquête hardoss..), mais je crains qu'on ne dispose pas d'un parc de production électrique suffisant pour assurer le passage de cette vague de froid.
    Je pense qu'il est prudent de prévoir: pull, bonnets etc...,piles pour alimenter les torches et éventuellement de prévoir de l'essence pour les groupes électrogènes, pour ceux qui en disposent et de petits réchauds au gaz.
    Je vous tiens au jus pour confirmer ou infirmer, mais on a de grandes chances cet hiver d'être confronter à cela. Rte a étudié ces hypothèses très sérieusement
    => http://www.rte-france.com/sites/default/files/20161129_pdh_maj_c.pdf

    Steph

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    1. Merci Stéph !

      Il ne manquerit plus que ça !!!

      Bon courage pour ton enquête,

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  3. Bonne année Wendy.

    J'ajoute à ton sujet, que le jour du 11/09, 280 milliards de bons pourris offerts aux oligarques russes par les US lors de la période Eltsine ont disparu dans les poussières radioactives des tours.

    280 milliards pour piller les joyaux de l'ex URSS.

    1991 + 10 = 2001, date échéance de ces bons devenus iremboursables à 10 jours près.

    Le 11/09 a été un grand nettoyage des écuries d'Augias, et les russes ne sont pas qu'un peu au courant !

    Le pétrole et les relations banques occidentales - oligarques russes sont aussi au cœur du 11/09.

    http://themillenniumreport.com/2016/10/treason-who-did-911-and-why-did-they-do-it/

    Tof

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    1. Merci Tof ! À toi aussi bonne et heureuse année ! Heureuse de te lire.

      Extrêmement interressant tout ceci ...

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