mercredi 11 janvier 2017

Migrants : "les Mystères de Paris".

Il y a ce qu'on dit et surtout ce qu'on ne dit pas. Une source

Dans le XVIII° arrondissement, à la lisière du 9-3, entre les trams, les voitures, les échangeurs, les boulevards extérieurs, l'entrée de l'autoroute et celle des périphériques, des migrants s'entassent.

Ils se gèlent la nuit et le jour. Ils sont dirigés de gauche et de droite. On leur distribue des photocopies avec tous les organismes d'état, les associations, les numéros d'urgence, les ONG et :
"va-zi, mon gars !"

Les hommes sont jeunes, entre 20 et 30, sub-sahariens en majorité, le plus souvent ils ne savent pas lire, habillés par les "associations", petits blousons et paire de tennis, jeans troués, ils survivent.

de plus en plus d'entre eux deviennent fous. C'est à dire avec un regard perdu, parfois certains sont quasiment agressifs, beaucoup ont des "comportements" curieux, parlent seuls, etc...

Je pense qu'ils ne comprennent plus où ils sont ni ce qu'ils font là.

Le "migrant" n'est pas la personne qui sait ce qu'elle veut et se donne les moyens de l'obtenir, comme on vous la présente dans les médias.

c'est quelqu'un qui est balloté, sans réelle volonté de ci ou de ça. Juste dormir, manger et se poser.
Normal ! Ils sont épuisés par le froid depuis plusieurs jours, en sus.

Jusqu'au mois d'octobre à Paris, les migrants ou SDF pouvaient se laver aux fontaines, j'en ai vu un totalement nu boulevard de Rochechouard en septembre faire sa toilette.

Maintenant je peux écrire que beaucoup sont extrêmement sales. Extrêmement.

Ils deviennent fous, perdent la tête, ils ne comprennent pas le double discours "on vous aide mais restez dehors sans rien."

"Welcome mais prennez un ticket".

Les migrants comprennent bien la logique du "numéro" et maintenant ils sont "convoqués", ils ne peuvent plus venir d'eux mêmes dans les centres d'aides quels qu'ils soient, ils doivent être inscrits par avance....suite à une jolie bousculade en 2016.....le migrant n'est plus en queue ou en file il est dispersé....atomisé...noyé...seul....




Ça va mal finir, par chez moi. Je vous le dis parce que je le vois. Le Magasin de surgelés est sujet aux pillages "flash". La consigne aux employés ? "Laissez faire, ne bougez pas !"

Le camion de "restauration rapide" devant un magasin d'épicerie ne vient plus. Il n'y a plus d'argent.
Pourtant, il vendait des pains chauds et du thé et du café....et en plus ça permettait aux hommes de discuter ensemble ....

À quand une épidémie ? À quand un soulèvement ?

À part ça, ça va....jusque là, tout va bien....on construit une armée déjantée...



Eugène Sue. "Les Mystères de Paris".



En supplément je vais vous raconter une anecdote qui m'a rendue triste... :


J'ai une tête sympa donc un migrant s'adresse à moi. Il me présente un plan grifonné et une adresse sur un bout de papier. À grand renfort de gestes et de doigts tendus je comprends qu'il veut se rendre à cet endroit.

Je me mets à faire aussi de grandes gesticulations disgracieuses pour lui indiquer le chemin (simple) pour parvenir à destination. Il ne parle pas un mot de français, ni d'anglais, ni d'espagnol. 

Arrive une dame voilée de noir et de pied en cap. Elle nous observe. Le migrant africain se tourne vers elle, me tourne le dos, m'oublie et repose à cette dame les mêmes questions dans la même orgie de mouvements.

La dame répond exactement comme moi. Il s'en va rejoindre son avenir. Il la remercie abondamment sans même m'octroyer l'aumône d'un regard.

Malaise.... :) 

La dame se sent gênée. Elle m'explique "vous savez ils sont perdus... Heu.... Toussa...", elle se confond en salutations que je lui rends.

Et moi, je reste triste. Juste triste. Avec un sentiment d'inutilité et d'injustice. 

Comme si j'étais soupçonnée de ne pas être fiable.... Pas vexée, triste.