samedi 19 novembre 2016

Le vote caché MLP.

À mon avis il pèsera lourd.



Mais qui sont les habitants de cette fameuse France périphérique qu'on fait semblant de découvrir suite aux travaux d'un géographe et non d'un sociologue puisque toute statistique ethnico-religieuse est interdite ! ?!

Comment se nomment-ils ? On a le substantif "bobo" depuis 15 ans pour désigner le cycliste-hipster-connecté mais rien pour le français-périphérique. Curieux... Je cherche... "Beauf" ? "Salarié-contribuable", "sans grade-obscur", "manuel-besogneux". ???



Le gars, né d'un parent portugais, la quarantaine, qui paye un crédit sur un pavillon en banlieue lointaine, qui se lève à 5h15 le matin pour être à 7h30 au boulot, qui touche 2500€ comme chef d'équipe, dont la femme est fonctionnaire territoriale et qui malgré tout ne peut pas payer une école de commerce réputée à son fils qui a obtenu le bac avec mention ?





Celui à qui sa chef vient d'apprendre qu'il travaillera dorénavant 41h payées 39h et qu'il ne récupérera jamais ses heures sup. ? Celui qui sait que sa retraite est dans un lointain et hypothétique avenir et qui travaille au noir le week-end pour payer ses factures et ses impôts.

MLP propose la retraite à 60 ans et la préférence nationale ? Ça lui va. Il n'en peut plus des immigrés qui disent "oui, oui" sur les chantiers sans rien comprendre à la tâche demandée et dont il reprend chaque soir les erreurs. Un travail supplémentaire non-payé.





Il ne dira jamais qu'il vote MLP parce qu'il sait que ce n'est "pas bien". Alors, sans le dire, il votera FN. Et le plus vite sera le mieux, pense-t-il en secret.

(Témoignage de Wendy).



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... ce qui reste aujourd'hui de classes populaires dans les grandes métropoles sont les classes populaires immigrées qui vivent dans les banlieues c'est-à-dire les minorités : en France elles sont issues de l'immigration maghrébine et africaine. Les classes supérieures, qui sont les seules à pouvoir vivre au cœur des grandes métropoles, là où se concentrent aussi les minorités, n'ont comme perception du pauvre que ces quartiers ethnicisés, les ghettos et banlieues... Tout le reste a disparu des représentations. Aujourd'hui, 59 % des ménages pauvres, 60 % des chômeurs et 66 % des classes populaires vivent dans la « France périphérique », celle des petites villes, des villes moyennes et des espaces ruraux.

Faire passer les classes moyennes et populaires pour « réactionnaires », « fascisées », « pétinisées » est très pratique. Cela permet d'éviter de se poser des questions cruciales. Lorsque l'on diagnostique quelqu'un comme fasciste, la priorité devient de le rééduquer, pas de s'interroger sur l'organisation économique du territoire où il vit. L'antifascisme est une arme de classe. Pasolini expliquait déjà dans ses Écrits corsaires que depuis que la gauche a adopté l'économie de marché, il ne lui reste qu'une chose à faire pour garder sa posture de gauche : lutter contre un fascisme qui n'existe pas. C'est exactement ce qui est en train de se passer.

Il y a un mépris de classe presque inconscient véhiculé par les médias, le cinéma, les politiques, c'est énorme, seule une opinion est présentée comme bonne ou souhaitable.

Nous sommes à un moment très particulier de désaffiliation politique et culturel des classes populaires, c'est vrai dans la France périphérique, mais aussi dans les banlieues où les milieux populaires cherchent à préserver ce qui leur reste : un capital social et culturel protecteur qui permet l'entraide et le lien social. Cette volonté explique les logiques séparatistes au sein même des milieux modestes. Une dynamique, qui n'interdit pas la cohabitation, et qui répond à la volonté de ne pas devenir minoritaire.

 Le discours de bienveillance avec les minorités offre ainsi une caution sociale à la nouvelle bourgeoisie qui n'est en réalité ni diverse ni ouverte : les milieux sociaux qui prônent le plus d'ouverture à l'autre font parallèlement preuve d'un grégarisme social et d'un entre-soi inégalé.....

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