jeudi 1 septembre 2016

Le vilain mensonge de la mixité sociale




Rappelons tout d’abord que le ministère de l’éducation avait annoncé en 2015 la mise en place de nouveaux dispositifs visant à réduire la ségrégation en vigueur dans les collèges. On avait même évoqué l’idée d’une ambitieuse expérimentation à Paris, avec des annonces précises à la rentrée 2016 et une mise en place à la rentrée 2017, suivie d’une possible généralisation dans le reste du pays. Malheureusement tout reste très flou à ce stade, et le ministère comme la Ville de Paris ne semblent guère pressés de passer de la rhétorique à la réalité.


(Tous frères)

(Mais pas trop quand même !) 

C’est d’autant plus regrettable que le niveau de ségrégation sociale observée dans les collèges atteint des sommets inacceptables, notamment à Paris. Des travaux récents, comme ceux réalisés par Julien Grenet dans le cadre de la consultation en cours, ont souligné en particulier le rôle clé joué par les collèges privés, et le fait que de meilleures procédures d’affectations des élèves, plus justes et plus transparentes, pourraient permettre d’améliorer nettement la situation.
Résumons. Paris comptait en 2015 plus de 85 000 élèves inscrits dans 175 collèges publics et privés (soit un peu moins de 500 élèves par collège). La part du privé est devenue au fil des ans exceptionnellement forte : 60 collèges privés sous contrat (34 % des élèves) pour 115 collèges publics (66 % des élèves).
Sur ces 85 000 élèves, le pourcentage d’enfants socialement défavorisés (ici définis comme ceux dont les parents sont ouvriers, chômeurs ou inactifs) est de 16 %. Si les collèges pratiquaient la mixité sociale intégrale, on devrait donc trouver très exactement 16 % d’élèves défavorisés dans chacun des 175 collèges. Si l’on ordonne les collèges en fonction du pourcentage d’enfants défavorisés, on obtient le résultat suivant :




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