lundi 15 août 2016

Aujourd'hui c'est l'Assomption

L'Assomption de Marie, qui est appeléeDormition dans la tradition orientale, est la vérité religieuse orthodoxe et catholique selon laquelle laVierge Marie, Mère de Jésus, au terme de sa vie terrestre, est entrée directement dans la gloire deDieu, âme et corps. (Wikipedia). 


L'Assomption de la Vierge peint par Michel Sittow, vers 1500.


Quand j'étais enfant personne ne travaillait le 15 août. C'était un jour où on préparait un grand repas et où on invitait la famille élargie. C'est à dire tous les cousins et cousines. 

Une année chez les uns, une année chez les autres. Ripailles et rallonges sur la table de la salle à manger d'ordinaire souvent fermée. C'est dans la salle à manger que se trouvaient les vaisseliers offerts au mariage. Le contenant comme le contenu duraient toute la vie des époux. 

Potage, pâtés, riz de veaux sauce Périgueux, friture de goujons, gigot aux haricots verts et blancs, salade, fromages, île flottante ou crème anglaise avec des "cambedouilles" (cambes d'ouilles : jambes de moutons en patois).

Le tout arrosé. Oui, tout ça ! On mangeait tout ça. Et le soir on remangeait. On chantait, l'alcool aidant, on parlait politique. Et terres. 

Les femmes de la maison servaient et mangeaient à la cuisine. Oui, je l'ai vu. 

Aujourd'hui le 15 août est un jour comme les autres. 



14 commentaires:

  1. Effectivement et c'est très triste tout cela mais c'est le passé. A nous de construire sur du roc et ne pas se laisser emporter par la sinistrose ambiante.

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  2. Et le vaisselier c'était de "l'Henry II" avec ses colonnes sur les côtés et les petites balustrades derrière lesquelles trônaient les verres à liqueur.

    Dedans y'avait de la belle vaisselle et le bric-à-brac de plusieurs générations.

    Dans les tiroirs y'avait les photos du grand-père à la guerre, enfin la guerre, de son stalag en Pologne.

    Y'avait aussi les anciennes chaufferettes à plumard en cuivre accrochées au mur en souvenir du temps où le chauffage central n'existait pas.

    Et donc l'arrosoir de fuel à côté de la cuisinière.

    Y'avait aussi une croix dans la salle à manger, avec le rameau de buis de l'année en cours accroché dessus.

    Dans la bibliothèque, une statue de la Vierge émaillée du dernier pélé à Lourdes, derrière une vitrine au-dessus de la bible en 20 volumes achetée à un colporteur à vil prix, mais aussi la grosse encyclopédie du monde à côté des chroniques de Jean Tarde, l'illustre ancêtre de la famille et ami de Galilée.

    La clef du Paradis, comprendre la clef de la petite Eglise du XIIème, était accrochée à un clou, le grand-père faisant plus ou moins office de bricoleur qui répare ce qui tombe, l'électricité surtout, capricieuse.

    A table, y'avait ces délicieux haricots beurre poêlés du jardin qui accompagnaient un poulet bien gras, qui venaient juste après les pâtés au foie de canard achetés frais au marché de Terrasson et qu'on faisait à la cave.

    De juin à la Toussaint, le stérilisateur marchait à fond. En septembre, c'était les cèpes (les têtes de nègre) et les girolles.

    La journée on allait à la pêche, sans permis, et en culottes courtes dans les étangs du coin. Juste après une pluie d'orage salutaire l'été, on allait aux cagouilles. A la fraîche, on arrachait les patates, le reste du temps, on se cassait le dos en ramassant les haricots.

    Le soir, le quartier se réunissait devant chez les uns ou les autres et on évoquait les souvenirs, y'avait le Lili et ses histoires de corne cul, ....

    Nous on faisait sonner la cloche de la petite chapelle en déshérence et rasée depuis, avec des petits cailloux, ça faisait enrager la vieille poivrotte qui nous guettait derrière ses carreaux.

    :)

    Tof

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    1. Tof,

      Tu venais à la maison et j'allais dans la tienne ?

      J'ai bien failli ... J'ai eu la larme à l'œil... Tellement de souvenirs communs...

      Mais ce temps est révolu. Combien sommes nous à nous en souvenir ?

      Pourtant nous sommes toujours en vie, toujours ici mais effacés, en fait.

      Cette réalité à été effacée des mémoires....pas si lointaines...

      Je t'embrasse...

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    2. Moi zaussi belle Wendy

      De cœur du Périgord Noir

      Chez Jacquou, non loin de Hautefort

      Juste avant le "bout du monde" entre Le Lardin et Montignac.

      Nous les Heureux Elus !

      Tof

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    3. Chez grand mère le vaisselier c'était néo-classique avec ses colonnes sur les côtés et les petites balustrades derrière lesquelles trônaient les verres à liqueur.

      Dedans y'avait de la belle vaisselle et le bric-à-brac de plusieurs générations.

      Dans les tiroirs y'avait les photos du grand-père à la guerre, enfin la guerre, de son stalag en Pologne.

      Y'avait aussi les anciennes casseroles à confire en cuivre accrochées au mur en souvenir du temps où le chauffage central n'existait pas. En fait le chauffage central n'existait toujours pas, c'était un poèle-cuisinière-four à bois en fonte.

      Et donc le tas de bûches à côté de la cuisinière.

      Y'avait aussi une tripotée d'icônes dans la salle à manger, avec -concession à la modernité- une veilleuse électrique, et le rameau de buis de l'année en cours accroché dessus.

      La grosse encyclopédie, c'est mon oncle qui l'imprimait, il avait acheté les droits pour le Grèce à un éditeur Français et offert les 12 premiers tomes à grand mère. Elle n'avait jamais acheté la suite.

      La clef du Paradis, comprendre la clef du petit monastère du XIIème accroché à la falaise au dessus de la rivière, était accrochée au kiosque du village, tenu par un grand-oncle, l'électricité n'y avait jamais été raccordée, et ne l'était toujours pas l'an passé.

      A table, y'avait ces délicieux haricots à la tomate du jardin (le vrai plat national) qui accompagnaient un poulet bien ferme.

      De juin à la Toussaint, Yaya (mamie) faisait ses fruits confits. Il y en avait toujours certains dont je détestais le goût mais que les adultes prétendaient trouver délicieux.

      La journée on allait à la pêche à la truite, sans permis, et en culottes courtes dans la rivière au fond des gorges. La pêche était réservée à la reine, mais la reine, elle ne venait jamais pêcher. Et puis une année, la reine elle est partie en exil, avec le roi, et nous, on a continué de pêcher.

      A la saint Minas, tout le village allait manger l'agneau à la broche à la petite chapelle de la source. Avé les autres enfants de coeur, on se disputait, derrière l'iconostase à qui allumerait l'encensoir. El le pope, entre deux Kyrie eleison, il nous sermonnait avec des yeux terribles parce qu'on lui gâchait sa belle liturgie. Mais à la sortie, il nous donnait des loukoums et nous disait que si on recommençait, la prochaine fois, et ben on n'en n'aurait pas. Mais on en avait quand même.

      La chapelle de la source aux lokoums est toujours là. Vivendi a voulu la privatiser, mais le maire lui a dit d'aller voir le pope. Le pope a écouté poliment le monsieur de Vivendi expliquer son projet de mise aux normes européennes patin couffin, puis il lui a dit : la source, on aimerait bien vous la donner, mais on ne peut pas, vous comprenez.... elle appartient à saint Minas

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    4. Saint Minas, aujourd'hui.

      ANd9GcTv4pAucJpXa55RoHCf2H66i9DMSu4V5ZuOyYtFkg2ZG

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    5. En fait, grand-père, il n'est pas vraiment allé au stalag, en fait. Il a pas eu cette chance là.

      Sur ordre spécial d'Hitler, les Allemands n'ont pas envoyé les soldats grecs défaits au Stalag.
      En récompense pour leur bravoure il a renvoyé les soldats grecs survivants chez eux. Y'en avait guère.
      Comme beaucoup de Grecs de ma génération, je n'ai connu aucun de mes grands-pères.

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    6. J'ai eu aussi la larme...

      Donc, au final, c'est une question de génération plus que de géographie ...

      Nous avons la nostalgie commune...

      Quand cette génération ne sera plus la mémoire disparaîtra ?

      Je raconte pour ma part et comme je viens d'une région pauvre donc préservée j'ai pu assurer la transmission de la culture qui était la mienne, j'ai transmis la culture de mes ancêtres.

      Cette transmission est une force pour nos enfants.

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  3. Le passé s'est enfui, le futur est en friche, seul existe le temps présent. C'est ainsi et c'est normal. Toutes les générations "profitent" de cet état de fait. Que serait un monde figé à tout jamais ?

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    1. Montignac ! J'y ai de la famille proche et Le Lardin j'y passe en voiture ...

      Hautefort : quelle merveille !

      Bizzzous à odeur de cèpes ! Et s'est de truffes !

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    2. http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1888_num_49_1_447542_t1_0117_0000_2

      Tof

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    3. Merci ! C'est ma mère la spécialiste en histoire du Périgord...

      Souvenirs...

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  4. "L'Assomption de Marie, c'est le jour où Marie, Mère de Jésus, au terme de sa vie terrestre, est entrée directement dans la 'gloire de Dieu', âme et corps."
    la 'gloire de Dieu': La religion catholique utilise souvent des expressions pour le moins hermétiques pour les non initiés...
    Nb : Espérons que ceux qui affirment que les tribulations commenceront après le 15 aout, se trompent.

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