lundi 1 août 2016

Abandonner la civilisation du pétrole c'est quitter la civilisation

Deux articles absolument passionnants sur le sujet Chez Ugo Bardi, et Chez Gail 

Passionnants mais en anglais. Forcément.

Gail T. se préoccupe davantage de l'impact du manque de pétrole (en abondance et gratuit) sur les dettes des particuliers puis des états via les recettes fiscales réduites liées aux salaires plus bas et plus rares (chômage lié à l'absence de production). Et le collapse de la société de consommation car plus personne ne produira de biens que plus personne ne pourra payer. Logique.

Ugo Bardi, plus philosophe, se penche sur la chute de l'empire romain. Il regarde aussi du côté du Japon et observe qu'après la seconde guerre mondiale et la défaite des japonais, ceux-ci, traumatisés, ont changé de mode de vie.



Quand ils ont abandonné le "tatami" dans leurs foyers au profit du plancher ils ont invité l'asphalte des rues à la maison et mis fin à leur civilisation ancestrale.

Abandonner une civilisation c'est abandonner la civilisation et retourner à la barbarie.

C'est le sens de son propos et il nous prévoit du déchaînement barbare au tournant de la société "dé-carbonnée".

Au final, l'énergie verte et sa fameuse "transition" ne seront que désolation, guerres et exactions.

Bien sur, ensuite viendra le printemps d'une autre civilisation. Combien de temps ? Combien de pertes ? Personne n'en sait rien. Et c'est tant mieux !

À la lumière de ces deux articles on comprend bien que le processus de déstructuration sociale a commencé.

Dans une économie mondialisée, la planète ne peut être qu'à feu et à sang.

En France des attentats, mais au Nigeria des milliers de morts. On ferme les yeux sur ce qui se passe sur notre globe terrestre et nous avons tort.

Le lait nigérian (je répète) se retrouve dans nos gobelets, le riz vietnamien appauvri en substances nutritives (vu ici) se retrouve dans nos assiettes.

Nos pays "avancés" avancent beaucoup dans la misère de masse et envoient des bombes sur des populations que nous ne connaissons même pas. Eux, nous connaissent malgré eux.

La barbarie est déjà notre quotidien. Car nous sommes tous liés par le lait et le riz, le pétrole, le sida et les haines de ceux qui nous voient partir avec le tout.

Le plus gros amalgame qui est fait c'est celui qui consiste à faire croire à certains continents que l'occidental qui pointent aux "food stamp" est le même qui vient voler la terre au Ghana.

Alors que l'occidental qui hésite a aller chez le dentiste a plus à voir avec un pêcheur sénégalais qu'avec Donald T.

On fonctionne par "images". Pendant que le réel s'effondre. Comme dans Pokemon Go.



C'est clair, pourtant. Et personne n'y croit. Je ne sais pas pourquoi.
Certainement parce que c'est mille fois plus effrayant que des pluies de sauterelles... Sachant que l'un n'empêche pas l'autre...


"Aide-toi et le ciel t'aidera". Non ? Plutôt que d'attendre que le ciel ne se fende et qu'apparaisse un sauveur sur son cheval blanc ? Jdcjdr.


7 commentaires:

  1. Quelle importance ? Au point où nous en sommes :

    https://www.youtube.com/watch?v=eCZg0cTKWSA

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    1. "C'est clair, pourtant. Et personne n'y croit. Je ne sais pas pourquoi."
      Chacun de nous SAIT qu'il va mourir et pourtant personne n'y CROIT ! Ce sont toujours les AUTRES qui meurent...

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    2. Très bien vu ! Exactement !

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  2. Les effets de la raréfaction du pétrole bon marché vont beaucoup dépendre d'où on se trouve.
    En Grèce, la crise qui dure depuis 2008 permet de voir ce qui se passera sans doute avec une violence accrue, dans les autres pays d'avantage industrialisés.

    Premier constat, vivre en ville ou zone urbaine sera un luxe de nanti.
    La raison : les prix ici sont proportionnels à la distance parcourue et au nombre d'intermédiaires.

    Mes voisins paysans me donnent gratuitement des oeufs, des tomates, des oignons, des poivrons, des patates, des aubergines.
    La source de la montagne est excellente et gratuite (hormis coût du transport, mais certains ont acheté un âne... c'est moins cher que l'essence!)

    Les produits locaux à 10km à la ronde sont disponibles et pas cher.

    Les produits courants venus d'autres régions sont très abordables.

    Ce qui est importé est cher et renchérit année après année. Les boutiques proposant des produits d'importation ferment les unes après les autres.

    En extrapolant, on voit vite que la pression principale se fera sur l'énergie. Le prix des ferries a flambé. mais on ne prend pas le ferry tous les jours.
    Comme l'essence devient chère les gens rabattent sur des scooters ou des triporteurs. Il n'y a pas de coupures d'électricité mais l'utopie verte est déjà en panne : les éoliennes (l'energie renouvelable la plus rentable ici, ça souffle toute l'année) sont en berne faute de sous pour acheter les pièces de rechange à nos amis allemands.
    En somme rien de dramatique, si on considère que de toutes façons y'a jamais eu d'hôpital. Juste des médecins.

    En grange agglomération par contre, c'est la merde. sorry mais c'est la vérité. Migrants en pagaille. Quartiers dépeuplés car les vieux et les chômeurs sont rentrés au village, grèves à répétitions des services de voirie ou des transports. Prix qui flambent, supermachés qui ferment. Eau et électricité de plus en plus chères.
    L'hiver l'air est pollué car les gens brûlent du bois de recup dans leurs poëles.
    Les hopitaux sont des plaisanteries. Tout manque. Médocs, bandes, accessoires stériles jetables. Si c'était l'Afrique, l'ONU enverrait de l'aide humanitaire, mais bon, ici, manifestement, on est trop riche encore...
    Ou alors l'onu est trop pauvre.

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    1. Géocédille : que ferais je sans toi ?!!!!

      Tu viens de décrire exactement l'effet du "peak oil".

      Je pense même que Ugo Bardi n'aurait pas dit mieux ou Gail T.

      Tu as expliqué les conséquences sur le quotidien d'un "monde contraint".

      Effectivement les conséquences seront plus violentes en France car les gens se pensent davantage protégés quand le niveau de vie part de plus haut.

      Cf : les américains qui continuent à utiliser autant d'eau en Californie qu'avant la sécheresse (qui a commencé il y a 3 ans !).

      Il y a ceux qui sont partis, ceux qui "n'y croient pas" et ceux qui n'ont pas les moyens de quitter la Californie !

      Pour le pétrole c'est comme pour l'eau.

      Dire "il n'y en a plus assez d'abondant et de gratuit" ne sert à rien.

      Les gens voient du pétrole à la pompe et c'est tout.

      Les villes ? Les campagnes ? Quel choix ? Je ne sais pas.

      La Grèce est un pays relativement petit et non surpeuplé avec une cohésion,

      En France surpeuplée quelle forme prendra l'avenir : aucune idée.

      Des villes divisées en ghettos de riches et de miséreux. Des campagnes protégées et d'autres genre far West ?

      Je réfléchis chaque jour et je ne sais pas si on ravitaillera les villes en quantité suffisante de produits "corrects".

      Le test c'est Tokyo mais le Japon n'est pas comparable à l'Europe.

      Il y aura la formation et c'est déjà le cas de "Cour des Miracles" dans Paris, je le constate, de visu,

      Du communautarisme pour survivre et c'est déjà en place à Paris et sa banlieue via "l'aumône musulmane" uniquement dédiée aux musulmans et totalement opaque.

      .... Les africains ont déjà leurs circuits, les asiatiques aussi, la misère scinde les gens... Elle les divise et ne les rapproche pas...

      Merci Géocédille le "peak oil" c'est exactement ce que tu décris de la Grèce.

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  3. Le Japon n'est pas comparable à l'Europe parce qu'il est resté pur et que c'est cette pureté qui lui permettra de surpasser tous les problèmes auquel il sera confronté.

    NIPPON BANZAI !

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Sans Modération.

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