mardi 14 juin 2016

Iran : eau, population, déchets et poisons

Lorsque la décharge de Saravan est née, en 1984, elle devait être seulement temporaire. Mais elle est devenue la plus importante du nord de l’Iran. Au-delà des montagnes d’ordures qui enlaidissent la zone, les milliers de litres d’eau toxiques qui en ruissellent quotidiennement inquiètent désormais les habitants.

Il y a des dizaines d’années, l’endroit où se trouve désormais la décharge était une belle vallée entourée de forêts – appelée la "vallée du faisan" – située à 15 km au sud de Rasht, la capitale de la province du Gilan (nord de l’Iran).



Mais tout a changé en 1984. Afin de faire face à l’accroissement de la production de déchets – liée à l’augmentation de la population – les autorités ont décidé de mettre en place une décharge dans la zone. Elle devait toutefois être temporaire et ne pas dépasser 250 000 m2. À l’époque, aucune étude n’a donc été réalisée concernant l’impact potentiel d’une telle installation.

Cette décharge est désormais la plus importante du nord du pays. Plus de 500 tonnes de déchets arrivent là-bas chaque jour, en provenance de Rasht et d’autres villes des alentours, une zone où vivent un million de personnes environ. C’est ainsi qu’une montagne d’ordures de plus de 70 mètres de haut s’est constituée petit à petit.

 "Chaque minute, plus de 1200 litres d’eau toxiques s’écoulent de la décharge".

.... les industries pharmaceutiques sont autorisées à y jeter leurs déchets deux fois par an. Sur place, on trouve également des produits toxiques provenant d’hôpitaux...
 
Ces eaux se retrouvent ensuite dans les nappes phréatiques et dans le Zarjoub et le Goharroud, deux rivières parmi les plus polluées d’Iran.

 Selon des rapports officiels, d’importants volumes de métaux lourds – cuivre, nickel, plomb, mercure, zinc, etc. – se trouvent dans ces eaux, ce qui pourrait expliquer l’augmentation des cas de cancers gastro-intestinaux dans la zone. [Environ 7000 personnes vivent près de la décharge, NDLR.]

De plus, certains enfants passent leurs journées à récupérer les ordures ayant un peu de valeur, sans gants ou chaussures, ce qui favorise la contraction de maladies infectieuses et de la peau.

 

La décharge de Saravan vue du ciel
source et plus
"Les cancers gastro-intestinaux sont en augmentation dans la zone"







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