mercredi 30 mars 2016

La Chine menace-t-elle l'agriculture mondiale ?

La Chine veut se débarrasser de ses stocks de maïs. A partir de l'automne, Pékin n'achètera plus la production des agriculteurs, c'est la fin d'une longue période de soutien des prix aux paysans chinois, une politique qui avait été menée au nom de la sécurité alimentaire, alors que les prix mondiaux des céréales flambaient. « Jusqu'à présent Pékin n'avait pas regardé à la dépense, mais aujourd'hui l'État chinois a sur les bras des stocks record et vieillissants »,commente Pierre Bégoc d'Agritel, il revient de Chine. Source
Pour Pékin, continuer d'acheter le maïs aux agriculteurs chinois ne ferait que grossir des stocks publics évalués au minimum à 111 millions de tonnes (par les statistiques de l'USDA), plus que ce que la Chine peut consommer de maïs en un an, et plus de la moitié des stocks du monde entier.



Désormais l'administration chinoise n'achètera plus directement la récolte de maïs, mais elle subventionnera les agriculteurs. Un changement qui avait déjà été opéré pour le soja et le coton, mais pas encore pour une céréale de base. Cette stratégie pourrait bientôt s'étendre au blé et au riz. « La volonté de Pékin, c'est de moderniser l'agriculture, observe Pierre Bégoc, les agriculteurs chinois cultivent encore majoritairement sur de toutes petites surfaces, moins d'un hectare, et à grand renfort d'engrais ».

Le marché mondial des céréales s'interroge sur les conséquences de cette mutation agricole chinoise : dans un premier temps, puisque Pékin va devoir brader ses vieux stocks (40 millions de tonnes seront en vente dès le mois prochain), les importations chinoises de maïs devraient chuter. Même si cela ne représente que 3 à 5 millions de tonnes, c'est une mauvaise nouvelle pour les « farmers » américains qui ont encore planté beaucoup de maïs cette année, malgré la faiblesse des prix mondiaux : à Chicago, les cours sont moitié moins élevés qu'en 2012.


« La volonté de Pékin, c'est de moderniser l'agriculture,  les agriculteurs chinois cultivent encore majoritairement sur de toutes petites surfaces, moins d'un hectare, et à grand renfort d'engrais ».