lundi 2 novembre 2015

Russie : le poids du système stalinien en un film

Le Léviathan

( par Gustave Doré )

L'histoire très résumée de Job

Voilà où vivent les protagonistes :










La Russie, la vodka omni présente, la corruption, la trahison amoureuse, un épouvantable climat, des humains qui vivent entre passé et présent. L'avenir reste bouché par les nuages noirs qui ne laissent passer que peu de lumière. 

C'est l'histoire d'une descente aux enfers rapide et implacable. Orchestrée par un potentat local aidé en cela par l'évêque régional.

On comprend bien le poids du passé stalinien dans le présent, dans la structure sociale. Ce passé stalinien est comme revivifié par le poids de l'église et la nouvelle petite bourgeoisie locale qui ont repris à leurs bénéfices les "petits dossiers" du KGB. 

Rien ne se crée rien ne se perd. 

Le seul discours de salvation est celui du petit prêtre orthodoxe du village que bien évidement personne ne prend au sérieux. On comprend l'aide qu'il apporte aux plus démunis en une image mais on comprend aussi que sa place dans la structure sociale et politique est nulle. 

Il ne donne pas de solution politique il appelle à la résignation car le mal est trop puissant et que le Seigneur a ses raisons et qu'enfin le plus raisonnable quand on est rien est d'accepter son sort. Tel Job.

Il n'appelle pas à la soumission aux puissants par crainte ou veulerie mais simplement par souci de survie.

L'évêque est à pendre, le maire est un meurtrier, les collègues sont alcooliques, le travail est souvent gratuit en échange de menus services.

Voilà la Russie d'aujourd'hui empêtrée dans les structures de son passé. On remarque à quel point le régime de l'URSS était fort, implanté et difficilement contournable.

C'est comme s'il avait verrouillé la société russe. L'espoir ? Le seul espoir de ce film ? Le personnage de ce pauvre prêtre qui distribue du pain car c'est la seule chose à faire... Et la scène ne dure que 30 secondes montre en main !

"La voie de la salvation comme celle du paradis" sont extrêmement étroites pour ces russes....


La bande annonce :




Le pauvre et généreux prêtre orthodoxe du village qui seul, donne le sens du film en deux phrases où se mêlent et l'impossibilité de lutter contre le léviathan et la révolte de Job puis le pardon du Seigneur.






Le discours qui clôt le film de l'évêque Orthodoxe