mercredi 22 juillet 2015

Sans commerce le Monde affrontera les Guerres du Manque

Le profil des échanges mondiaux en volume m’inquiète beaucoup. Sur un an, au mois de mai 2015, sa progression n’est que de 0.4%.
Pour l’ensemble du premier trimestre, par rapport aux 3 derniers mois de 2014, les échanges ralentissaient déjà franchement avec un repli de -5.1% en taux annualisé. L’acquis pour le 2ème trimestre est de -4.25% à la fin mai. C’est aussi inquiétant.
Après la reprise violente de 2009/2010, les échanges ont chuté de façon spectaculaire. 




Cela traduit deux phénomènes inquiétants pour la croissance mondiale:
  1. Le commerce mondial n’est plus une source d’impulsion qui, en dopant les exportations et la production, permettait de positionner une économie sur une trajectoire plus élevée lui permettant de contribuer lui même davantage au commerce mondial rendant ainsi la dynamique globale plus autonome.
  2. Cela reflète l’absence d’un moteur de la croissance. Parmi les 3 moteurs de la croissance mondiale, ni les USA, ni la Chine, ni l’Europe n’ont la capacité à propulser l’économie globale sur une trajectoire de croissance forte.
( croissance chinoise par secteurs. Seul le financier croit... :))


Il n’y a pas d’interactions fortes entre les différentes régions de l’économie globale via le commerce mondial. Cela implique que chacun doit créer les propres sources de sa croissance en dopant sa demande interne. Le salut ne viendra pas à court terme des échanges avec le reste du monde.



Le net ralentissement de la croissance du commerce mondial est le symptôme d’une économie mondiale qui n’arrive pas à converger vers une croissance plus élevée. C’est très préoccupant.


Petits rappels, sans commerce pas de kapitalisme ! 

  • « L'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle - tous éléments créés par l'initiative capitaliste. [...] L'histoire de l'équipement productif d'énergie, depuis la roue hydraulique jusqu'à la turbine moderne, ou l'histoire des transports, depuis la diligence jusqu'à l'avion. L'ouverture de nouveaux marchés nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l'atelier artisanal et la manufacture jusqu'aux entreprises amalgamées telles que l’U.S. Steel, constituent d'autres exemples du même processus de mutation industrielle - si l'on me passe cette expression biologique - qui révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de Destruction Créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s'y adapter.  »[7]
  • « Ce processus de Destruction Créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s'y adapter. »[8] 
Capitalisme, socialisme et démocratie est un ouvrage de l'économiste autrichien Joseph Schumpeter, paru pour la première fois en 1942Source

Ou :

De la necessité du mercantilisme dès le XVIII° siècle : Toutes les sociétés depuis les phéniciens se sont construites sur le commerce
 « le prince, dont la puissance repose sur l'or et sa collecte par l'impôt, doit s'appuyer sur la classe des marchands et favoriser l'essor industriel et commercial de la Nation afin qu'un excédent commercial permette l'entrée des métaux précieux».



Cette croyance se généralise et plaide en faveur d'une vision dynamique de la politique de l'économie nationale. Les tenants du mercantilisme prônent le développement économique par l'enrichissement des nations au moyen d'un commerce extérieurconvenablement organisé en vue de dégager un excédent de la balance commerciale. Résultat qui est obtenu par un investissement raisonné et volontaire dans des activités économiques à rendement croissant, comme l'avait identifié l'économiste italien Antonio Serra dès 1613. Pour ce faire, l'État se trouve investi de la responsabilité de développer la richesse nationale, en adoptant des politiques pertinentes de nature défensive (protectionnisme) mais aussi offensive (favorisant l'exportation et l'industrialisation).
Et surtout sans commerce ..... Plus de production !!!!! Lire ici
Plus de production ? Plus d'emplois, plus de consommation, plus rien ! 
Comme le dit Ortho sur son blog : le Kapital se concentre et change les modes de distribution

Ça va prendre un peu de temps....et quelques guerres du manque...
Mais, la planète sera sauvée ! Ne l'oublions pas ! :)