lundi 20 avril 2015

La peur ou la raison ?

Pour chaque accident, le risque collectif a plus de victimes potentielles que le risque individuel. 

Lorsqu’on raisonne sur ses émotions et non sur sa raison, imaginer de nombreuses victimes, est plus frappant qu’imaginer une ou quelques victimes. Peu importe que le risque collectif s’avère au final de plusieurs ordres de grandeur moins meurtrier que le risque individuel. 

Et c’est un biais de raisonnement que la presse grand public ne cesse d’entretenir par la manière dont elle traite et présente chaque jour l’information. De plus, la peur est généralement un excellent moteur humain, même si elle pousse à aller contre son propre intérêt, que ce soit à court ou à long terme.

Pour illustrer ce propos, regardez par exemple la couverture médiatique, depuis 50 ans, des accidents d’avion ou de train sur le sol français. Et comparez-la à celle des accidents de voiture. Il vous suffit de comparer aussi les mortalités des uns et des autres pour voir que ce qui compte n’est pas le nombre de victimes par unité de temps, ou même par unité de temps et de service rendu, mais le nombre de victimes par occurrence d’accident, voire le nombre de victimes potentielles par occurrence d’accident.

On pourrait aussi prendre le nombre de morts et de blessés par attentat terroriste sur notre sol. D’après ce tableau de Wikipédia (http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_terrorist_incidents_in_France ), le terrorisme a tué 171 personnes et blessé environ 1400 personnes depuis 1900 (donc, en plus d’un siècle). C’est en gros la mortalité de la route sur 3 semaines. 

Soit dit en passant, il y a 5 fois plus de bébés qui naissent en France chaque jour que de personnes qui y aient été tuées en plus d’un siècle par le terrorisme (d’après l’INSEE, la population française croît naturellement, hors immigration, de 240 000 personnes par an, soit 658 par jour en moyenne). 


Pourtant, la question du terrorisme prend une part notable dans l’activité de nos dirigeants politiques. On mène des guerres pour cela, et on est aussi en train d’habituer la population à une surveillance tous azimuts, et aussi à la priver de la garantie de certaines libertés pour cela. 

Simplement parce que l’humain est ainsi fait qu’à de rarissimes exceptions près, l’émotion et la peur priment toujours sur la raison. C’est humain, mais c’est comme cela.

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