samedi 24 janvier 2015

Nucléaire : Inconscience, insouciance et manque de moyens

Une note des services de sûreté nucléaire de l’Etat jette un éclairage inquiétant sur les risques réels que font courir aux populations les réacteurs nucléaires en fonctionnement en France. On y apprend ainsi qu’aucun réacteur nucléaire en France ne possède une cuve assez robuste pour résister à la fusion rapide du combustible. Cette faiblesse structurelle pourrait entraîner des rejets radioactifs massifs dans l’environnement.



« Personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais en France un accident nucléaire. », cette phrase d’André-Claude Lacoste, l’ancien président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) prend tout son sens à la lecture de la courte note parue ce 21 janvier sur le site internet de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

Intitulée sobrement « Eléments de réflexion sur la stratégie de rétention d’un corium en cuve de réacteur », ce document fait le point sur le comportement d’un coeur en fusion dans la cuve d’un réacteur nucléaire. Si, par exemple, un réacteur perd la capacité à refroidir le combustible présent dans sa cuve, parce que ses sources d’approvisionnement électrique sont indisponibles, le combustible fond et fait fondre en quelques heures les différentes structures l’entourant, se transformant ainsi en un magma très radioactif et très chaud : le corium. Cette masse brûlante peut percer la cuve, comme cela s’est produit en mars 2011 dans trois réacteurs à Fukushima.

Que dit l’IRSN dans ce document ?

L’IRSN explique qu’il est possible de retenir dans la cuve le combustible en fusion quand la puissance du réacteur ne dépasse pas 600 MWe de puissance électrique[1] : « Pour les réacteurs dont la puissance ne dépasse pas 600 MWe, les connaissances actuelles permettent de retenir une stratégie avec rétention du corium dans la cuve. »

Or, en France les 58 réacteurs nucléaires en fonctionnement ont une puissance minimale de 900 MWe.  La résistance de la cuve en cas de fusion rapide du combustible est-elle alors garantie sur le parc nucléaire français ?


Les ingénieurs nucléaires savent depuis longtemps qu’une cuve d’un réacteur de forte puissance ne résisterait pas à la fusion du combustible nucléaire.