jeudi 22 janvier 2015

La Genèse de l'islam radical à Munich



Genèse munichoise du centre de l'islam radical
16/07/2005

Traduction de l'article paru dans le Wall Street Journal le 12 juillet 2005 sous le titre "How a Mosque for Ex-Nazis Became Center of Radical Islam" (Comment une mosquée pour anciens nazis est devenue le centre de l'islam radical). 

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une vidéo avant de découvrir dans le texte qui suit des noms que vous connaissez tous, tel celui de ... ..Ramadan... Parce que le monde est petit !!!! 
Et que l'histoire est l'histoire.... On dit même qu'elle se répète .....



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Quelques citations d'Hitler. Remarquez bien  que je ne vais pas chercher des sources d'extrême droite! Même pas la peine ! 
;)


"Les peuples régis par l’Islam seront toujours plus proches de nous que la France, par exemple, en dépit de la parenté du sang qui coule dans nos veines. Le malheur veut que la France ait dégénéré au cours des siècles et que ses élites aient été subverties par l’esprit juif. Cela a pris de telles proportions que cela est irréparable. La France est condamnée à faire une politique juive."
"Je conçois que l’on puisse s’enthousiasmer pour le paradis de Mahomet, mais le fade paradis des chrétiens !"
"Cette philosophie [japonaise], qui est une des raisons principales de leur succès, n’a pu se maintenir comme principe d’existence du peuple que parce que celui-ci est resté protégé contre le poison du christianisme. Comme dans l’Islam, la religion japonaise est dépourvue de tout terrorisme et contient seulement l’espoir de la félicité. Le terrorisme est seulement une idée juive répandue par le christianisme."
"Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, la face du monde eût changé. Puisque le monde était déjà voué à l’influence judaïque (et son produit, le christianisme, est une chose si fade!) il eût beaucoup mieux valu que le mahométisme triomphât. Cette religion récompense l’héroïsme, elle promet aux guerriers les joies du septième ciel… Animés par un tel esprit, les Germains eussent conquis le monde. C’est le christianisme qui les en a empéchés."

"Nous avons la malchance de ne pas posséder la bonne religion. Pourquoi n’avons nous pas la religion des Japonais, pour qui se sacrifier à sa patrie est le bien suprême ? La religion musulmane aussi serait bien plus appropriée que ce christianisme, avec sa tolérance amollissante."



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Genèse munichoise du centre de l'islam radical

Munich -- Au nord de cette prospère ville d'ingénieurs et d'usines d'automobiles, on trouve une élégante mosquée avec un fin minaret et un dôme couleur turquoise. Un bosquet de pins la protège d'une rue fréquentée. Dans un pays de plus de trois millions de musulmans, elle ne se fait pas remarquer, c'est juste un lieu où prient les adeptes de la religion qui se développe le plus vite en Europe. 

Cependant, l'histoire de cette mosquée est plus tumultueuse. Enterrés dans des archives gouvernementales et privées, des centaines de documents retracent la bataille pour le contrôle du Centre islamique de Munich. Rendus publics récemment, ces documents montrent comment l'islam radical a établi l'une de ses premières et plus importantes têtes de pont en Occident, quand un groupe d'anciens nationaux-socialistes décidèrent de construire une mosquée. 

La présence de soldats à Munich fait partie d'un épisode presque oublié de la Seconde Guerre mondiale : la décision que prirent quelques dizaines de milliers de soldats de l'Armée rouge de changer de camp et de se battre pour Hitler. Après la guerre, des milliers d'entre eux ont cherché refuge en Allemagne de l'Ouest, créant l'une des plus grandes communautés musulmanes de l'Europe des années 50. Quand la guerre froide débuta, ils furent très recherchés pour leurs capacités linguistiques et leurs contacts en Union soviétique. Pendant plus d'une décennie, les services de renseignements américains, ouest-allemands, soviétiques et britanniques se sont battus pour les contrôler, dans cette nouvelle guerre opposant la démocratie au communisme. 

Mais aucun des protagonistes de la guerre froide ne l'emporta. Le vainqueur fut un mouvement doté d'une idéologie tout aussi puissante : les Frères musulmans. Fondée dans les années 1920, en Égypte, sous la forme d'un mouvement "réformateur social", la confrérie des Frères musulmans devint la source de l'islam politique, qui prétend soumettre au contrôle total de la religion musulmane tous les aspects de la vie. Puissante force de changement politique dans le monde musulman, le mouvement des Frères musulmans a également inspiré quelques-uns des groupes terroristes les plus sanguinaires, comme le Hamas et Al-Qaeda. 

L'histoire de la méthode utilisée par les Frères musulmans pour exporter leur foi au cœur de l'Europe met en évidence une erreur récurrente commise par les démocraties occidentales. Durant des décennies, elles ont passé des accords avec l'islam politique - le soutenant pour vaincre un autre ennemi, particulièrement le communisme. Il est bien connu, par exemple, que les USA et leurs alliés ont mis sur pied les moudjahidines dans les années 1980 en Afghanistan pour combattre l'Union soviétique - ouvrant la voie du succès à Oussama ben Laden, qui s'est rapidement retourné contre ses anciens alliés américains, dans les années 1990. 

Munich est un exemple sérieux et précoce de cette stratégie douteuse. Des documents et interviews montrent comment les Frères musulmans conclurent un accord de collaboration avec les agences américaines de renseignement, passant outre aux  agences allemandes pour le contrôle des anciens soldats nationaux-socialistes et de leur mosquée. Mais les USA ont perdu leur mainmise sur ce mouvement et, en peu de temps, la très conservatrice et catholique Bavière est devenue l'hôte d'un centre islamique radical. 


Le Centre islamique de Munich, à droite, discrètement implanté dans une banlieue calme. En bas, la ville d'où Ghaleb Himmat a dirigé la mosquée. Au-dessus, à gauche, le centre islamique de Nuremberg.
«Si vous voulez comprendre les structures de l'islam politique, vous devez regarder ce qui s'est produit à Munich», affirmeStefan Meining, un historien munichois qui a entrepris une étude sur le centre islamique. «Munich est à l'origine d'un réseau qui s'étend maintenant tout autour de la planète.» 

Des groupes politiques et sociaux affiliés aux Frères musulmans dominent maintenant la vie islamique dans de larges zones de l'Europe occidentale. Ces connections sont la plupart du temps méconnues, même par les services de renseignement et les agences de police de ces pays. 

Alors que ces groupes répudient le terrorisme et sont officiellement partisans de l'assimilation, le résultat de leur message est que les musulmans d'Europe - qui constituent aujourd'hui entre 5 et 10 % de la population du continent - se doivent d'être isolés de la culture occidentale. Résultat, cet état de choses a servi de terreau fertile à des idées violentes. Les terroristes islamistes ont de plus en plus utilisé l'Europe comme base pour lancer leurs attaques, depuis les attentats du 11 septembre [aux Etats-Unis] jusqu'à ceux de Madrid, l'an dernier. 

Les tensions actuelles sont dans la ligne d'événements qui remontent à un demi siècle. Au lendemain de la guerre, Munich était une ville en ruines, remplie de musulmans immigrés fuyant les persécutions. Alors que l'Occident s'évertuait à les surveiller et à les contrôler en tant qu'atout important dans la guerre froide, apparurent de redoutables rivaux qui cherchaient à jeter les bases de leur pouvoir dans le monde musulman européen, alors en cours d'émergence. 

Au fil des décennies suivantes, quatre hommes ont successivement tenté de contrôler la mosquée de Munich : un brillant professeur de langues turcophone, un imam de la SS d'Hitler, un écrivain musulman charismatique, et un financier musulman, aujourd'hui soupçonné de financer le terrorisme. La plupart ont favorisé une certaine accommodation avec l'Occident. Mais le vainqueur avait une vision plus large : un islam global opposé à l'idée de démocratie laïque. 


L'érudit 


L'intérêt que Gerhard von Mende portait aux musulmans remonte à 1919, quand son père fut assassiné. Sa famille vivait à Riga et faisait partie de la minorité allemande, alors importante, de Lituanie. Quand ce petit pays fut envahi par l'Armée rouge, à la fin de la première guerre mondiale, les membres de la bourgeoisie furent rassemblés et soumis à une marche forcée. Le père de von Mende, un banquier, fut sorti des rangs et abattu. 

Gerhard von Mende
 Ce fait a engendré, dans l'esprit de ce jeune garçon de 14 ans, une exécration pour tout ce qui est russe. Après avoir fui en Allemagne avec sa mère et six de ses proches, il choisit d'étudier d'autres peuples opprimés par le pouvoir russe : les musulmans d'Asie centrale. Une montagne d'écrits et de livres lui a valu une notoriété académique. Doué pour les langues, il parle couramment le russe, le lituanien et le français, et correctement le turc et l'arabe. Quand il s'est marié à une Norvégienne, il a également appris sa langue maternelle. 

L'invasion de l'Union soviétique par les nationaux-socialistes en 1941 fut une aubaine pour les gens comme von Mende, qui avait quelque connaissance des pays sur lesquels s'abattait la guerre-éclair. Il conserva son poste à l'université de Berlin, mais fit partie de l'Ostministerium (ministère pour les territoires occupés de l'est), au sein duquel il dirigea un département consacré à l'étude du Caucase. 

Les victoires initiales de l'Allemagne lui ont valu un nombre ahurissant de prisonniers soviétiques - 5 millions en tout. Grâce, en partie, aux efforts de von Mende et de l'Ostministerium, Hitler autorisa la libération des prisonniers prêts à prendre les armes contre les Soviétiques. Les nationaux-socialistes mirent en place les Ostlegionen (légions de l'est), composées en premier lieu de minorités non russes avides de faire payer Moscou pour des décennies d'oppression. Plus d'un million de soldats acceptèrent l'offre d'Hitler. 

Alors que la guerre s'intensifiait, Von Mende devint l'un des architectes majeurs de la politique nationale-socialiste en matière de minorités soviétiques. Il fut surnommé "seigneur protecteur"; il constitua des comités nationaux de Tatars, Turcs, Géorgiens, Azerbaïdjanais et Arméniens. Désespérément en quête de soldats, les nationaux-socialistes ne considéraient ces comités que comme un moyen de garder dans leur camp leurs alliés renégats, alors que pour les personnes concernées, chacun était une sorte de gouvernement en exil. Un goût d'indépendance dont ils étaient reconnaissants envers von Mende. 

Des collègues de cette époque décrivent von Mende comme un homme élégant et majestueux, arborant un sourire ironique, et usant de son charme personnel pour convaincre les exilés - surtout ses préférés: les musulmans turcophones d'Asie Centrale. Il les accueillait dans sa maison de Berlin pour de longs dîners où on conversait en russe, turc et allemand. Dans les derniers mois de la guerre, il a cimenté leur loyauté par un acte de génie bureaucratique : alors que l'infrastructure allemande était pulvérisée, il réussit à transférer des milliers de "ses" Turcs sur le front de l'Ouest (Grèce, Italie, Danemark et Belgique), estimant qu'il était préférable qu'ils finissent dans des prisons britanniques ou américaines, plutôt que dans les soviétiques. Ceux qui tombèrent aux mains des soviétiques furent abattus comme des traîtres. 

À la fin des années 1940, des centaines d'anciens soldats musulmans furent bloqués dans la zone de Munich sous contrôle américain. Von Mende, auquel son passé national-socialiste ne laissait que peu de perspective de travail, s'est voué à les récupérer. 

Cette décision s'avérera bénéfique, tant pour les musulmans que pour von Mende. C'était le début de la guerre froide, et les agences de renseignement occidentales cherchaient fébrilement quiconque pouvait leur donner un aperçu de ce qui se passait derrière le rideau de fer. Ils avaient besoin de gens pour analyser les documents, diffuser de la propagande anti-soviétique et recruter des espions. 

Selon une lettre qui figure dans a correspondance privée, que sa famille a rendue accessible, en octobre 1945, von Mende écrivit une lettre au "Major Morrison", de l'armée britannique. Il y soulignait que l'Ostministerium était l'unique source de renseignements à propos des peuples soviétiques. Il précisait qui y travaillait et dans quel camp de prisonniers ou de déportés ils avaient été détenus. Ce fut le début de sa carrière dans le renseignement. 

Gerhard von Mende s'est installé dans la zone allemande sous contrôle britannique, dans la zone commerciale de Düsseldorf. Bien qu'il ne fût plus membre de l'Université, il intitula son bureau "Service de Recherche est-européen". Son équipe était composée d'anciens employés de l'Ostministerium - il s'agissait concrètement de la recréation de l'appareil national-socialiste de contrôle des musulmans durant la guerre. Selon des documents de ce ministère et de la correspondance privée de von Mende, au début, les fonds provenaient des forces britanniques; par la suite ils provenaient de diverses agences allemandes, y compris l'Agence nationale de renseignement intérieur et le ministère des Affaires étrangères. 

Gerhard von Mende a passé beaucoup de temps à aider les musulmans qui travaillaient pour lui dans l'Ostministerium. Il a extorqué de l'argent à la bureaucratie ouest-allemande pour qu'ils soient nourris, logés et blanchis - les conditions de vie étaient effroyables et, une décennie après la guerre, beaucoup vivaient dans des baraquements. 

Mais son but profond était simple : garder le contrôle des émigrés et les empêcher de tomber sous le contrôle d'un autre pays. Le danger principal était constitué par l'Union soviétique, qui voulait empêcher les émigrés de faire de la propagande anticommuniste. Certains dirigeants qui avaient émigré en Allemagne de l'Ouest furent assassinés. Beaucoup étaient armés en vue de se défendre contre les assassins du KGB. 


CIA contre imam nazi 


En 1956, un rival apparut, menaçant le contrôle que von Mende exerçait sur les anciens soldats musulmans de Munich : l'American Committee for Liberation from Bolshevism, connu sous l'acronyme Amcomlib. Fondé avec le statut d'ONG pour la prise en charge de Radio Free Europe et Radio Liberty, Amcomlib était, en fait, une couverture de la CIA, qui l'a financé jusqu'en 1971, date où le Congrès américain coupa les liens entre Amcomlib et la CIA. 

Durant les années 1950, le chef d'Amcomlib était Isaac Patch, qui a maintenant 95 ans et vit retiré dans le New Hampshire. Joint par téléphone, M. Patch a défendu la stratégie mise en œuvre par l'Amcomlib, qui consistait à utiliser des musulmans pour combattre les soviétiques. «L'islam était un important facteur, aucun doute à ce sujet», affirma M. Patch. «Ils étaient très croyants et très anticommunistes.» 

L'Amcomlib a tissé des liens avec Ibrahim Gacaolu, un ancien soldat national-socialiste du Caucase, qui, tout comme von Mende, recherchait les soldats musulmans bloqués en Allemagne. Selon des documents de son organisation, Gacaolu contrôlait les colis alimentaires américains, qu'il distribuait à ses partisans. Gacaolu a également fait du travail de propagande pour Radio Free Europe. Selon certains documents, il a, par exemple, tenu, en 1957, une conférence de presse avec Garip Sultan, un autre homme politique allemand, qui dirigeait le service tatare de Radio Liberty. Les deux hommes dénoncèrent les crimes de Staline en Tchétchénie. Garip Sultan, aujurd'hui âgé de 81 ans, a raconté, dans une interview, qu'il écrivait les discours de Gacaolu et avait rédigé pour lui un pamphlet sur la situation des musulmans. 

Pour von Mende et ses collègues, les liens de Gacaolu avec la CIA étaient problématiques. L'Allemagne de l'Ouest et les Etats-Unis étaient du même côté pendant la guerre froide, mais von Mende n'appréciait pas que des agences étrangères puissent influencer des personnes résidant en Allemagne. Comme un informateur le disait à son directeur : «l'Allemagne est une porte que personne ne contrôle, car il ne semble pas y avoir de garde-barrière. Tout le monde vient y faire ce qu'il veut.» 

Gerhard von Mende décida que les musulmans d'Allemagne avaient besoin d'un chef en qui ils pouvaient avoir confiance. Il s'est alors tourné vers un ancien compagnon de guerre : Nurredin Nakibhodscha Namangani. 

Nurredin Nakibhodscha Namangani
Namangani est le descendant d'une longue lignée d'imams dans son pays natal, aujourd'hui l'Ouzbékistan. Mais il a surtout exercé son service religieux dans une organisation profane : celle des infâmes SS d'Hitler. Selon une ébauche d'autobiographie qu'il remit aux autorités allemandes, il avait été arrêté par les forces de sécurité de Staline, en 1941, puis libéré par l'armée allemande lors de son invasion de la Russie. Il servit comme imam dans diverses fonctions, pour finir comme imam d'une division SS. Il avait bénéficié de quelques-unes des plus hautes distinctions allemandes, y compris la croix de fer. 

L'arrivée de Namangani à Munich, en 1956, fit beaucoup de bruit. Ses opposants, tel Gacaolu, l'accusèrent d'avoir pris part à des massacres durant la guerre. Il est avéré que l'unité de Namangani avait participé à la répression de l'insurrection de Varsovie en 1944, mais il n'y a pas de preuve, dans les registres allemands, qu'il ait pris part personnellement à un massacre commis durant la guerre. 

Von Mende a contre-attaqué, persuadant le gouvernement fédéral de Bonn d'accepter de nommer Namangani Hauptimmam, "imam en chef" des musulmans allemands, aux frais du contribuable ouest-allemand. 

Fin 1958, Namangani s'est présenté avec un plan pour rallier les anciens soldats musulmans derrière lui : une "Commission de construction de mosquées". À cette époque, l'Allemagne ne comptait que deux mosquées. Celle de Munich serait différente, plus grande et dédiée non aux voyageurs et hommes d'affaire, mais à la population musulmane d'Allemagne. 


«Pendant 13 ans, les musulmans n'avaient pas de lieu fixe pour leurs services religieux et devaient les organiser dans différents endroits», déclara Namangani à une assemblée d'une cinquantaine de musulmans, comprenant quelques spécialistes du Moyen-Orient. Selon le registre des 'minutes' de la Commission des mosquées, en une occasion, les musulmans durent célébrer leur office dans une brasserie, d'autres fois, dans un musée. Maintenant, dit au groupe Namangani, Munich sera un centre pour les musulmans, et le gouvernement de Bavière devrait certainement y aider - ceci selon le même document. 


Saïd Ramadan al-Buti
C'était un grand événement, si important, en fait, que quelqu'un de très spécial y était présent : Saïd Ramadan, le secrétaire général du Congrès Islamique Mondial situé à Genève, un groupe qui désirait unir les musulmans du monde entier. Le reste de l'assemblée donna en tout 125 marks (l'équivalent d'environ 275 dollars d'aujourd'hui) pour la construction de la mosquée. Saïd Ramadan donna lui-même 1000 marks. 

Gerhard von Mende a rapidement consigné quelques informations sur ce visiteur de marque. Bientôt, son index des personnes à surveiller contenait une nouvelle entrée : «Saïd Ramadan, Genève. Environ 36 ans, 3 enfants. Conduit depuis 1956 une luxueuse Cadillac, cadeau du gouvernement de l'Arabie Saoudite. R.S. doit être membre des Frères musulmans.» 


La Confrérie arrive

L'arrivée de Saïd Ramadan en Europe fut le résultat d'un schisme idéologique qui continue de diviser les sociétés islamiques. Le cœur du problème est de savoir comment réconcilier l'islam avec l'État-nation moderne. Comme beaucoup de religions, l'islam s'étend à tout, impose un comportement dans toutes les sphères, y compris politique. Mais, prises littéralement, ses exigences s'opposent aux démocraties libérales actuelles, qui promeuvent la liberté individuelle. 

Dans l'Égypte de 1920, un jeune enseignant du nom de Hassan al-Banna s'est fermement tourné vers l'orthodoxie. Troublé par ce qu'il décrivait comme l'immoralité d'une Égypte en processus rapide de modernisation, il créa une fondation intitulée "Frères musulmans". Son plan était de réislamiser la société en enseignant les principes de l'islam dans le langage courant des salons de thé, et non dans l'arabe classique des mosquées. Il fonda des organisations caritatives et fut célèbre pour son engagement en faveur de la justice sociale. 

Mais il se heurtait à d'autres visions de l'Égypte, spécialement celles importées de l'Occident, comme le socialisme et le fascisme. Fortement impliqué dans la politique turbulente de l'Égypte d'après guerre, Hassan al-Banna fut assassiné en 1954. 

De nombreux membres de sa confrérie furent jetés en prison et quelques-uns furent exécutés. Saïd Ramadan fut le principal dirigeant qui réussit à s'enfuir. Gendre d'Al-Banna il était célèbre pour avoir aidé à organiser la défense de Jérusalem contre le nouvel État d'Israël, en 1948. Peu de pays dans la région voulaient accueillir Saïd Ramadan. L'Égypte était une puissance régionale, et ses voisins voulaient éviter de la froisser. Après quelques séjours en Syrie, au Liban, en Jordanie et au Pakistan, il arriva à Genève, à l'été 1958, en possession d'un passeport diplomatique jordanien, accrédité à l'ONU et aussi par l'Allemagne de l'Ouest voisine. 

En Allemagne, il exposa ses idées dans une thèse de doctorat intitulée "La Loi islamique : son étendue et son équité". Elle fut publiée sous forme de livre et devint un classique dans la pensée islamique moderne. 


«Il était convenable et intelligent», dit Gerhard Kegel, son directeur de thèse à l'université de Cologne, actuellement âgé de 93 ans, «quoique un petit peu fanatique.» 


Pas fanatique au sens de prendre parti pour la violence, dit M. Kegel, mais par sa vision d'un monde dans lequel l'islam guide toute loi et où il n'y a pas de distinction entre l'Église et l'État. Saïd Ramadan a également publié un magazine, Al-Muslimoon, qui surveillait les évènements dans le monde musulman et critiquait la laïcité. 

Saïd Ramadan, comme d'autres Frères musulmans, s'opposait fermement au communisme, du fait de son rejet de la religion. Durant la guerre froide, cela en a fait un allié naturel des Etats-Unis. Mais Saïd Ramadan s'opposait aussi aux Etats-Unis et aux autres pays occidentaux, en raison de leurs ingérences dans les affaires du Moyen-Orient. Aujourd'hui comme alors, cela met des gens comme Ramadan dans une position de force : il leur faut coopérer avec l'Occident, mais ils ne veulent pas devenir des collaborateurs occidentaux. 

Des preuves historiques suggèrent que Saïd Ramadan a travaillé pour la CIA. À cette époque, l'Amérique était engagée dans un conflit de pouvoir avec l'Union soviétique, qui soutenait Gamal abd el-Nasser, en Égypte. En tant qu'ennemi de Nasser, les Frères musulmans semblaient être de bons alliés pour les Etats-Unis. 

Un document des services de renseignements extérieurs allemands - connu sous son acronyme de BND - prétend que les USA ont contribué à persuader la Jordanie de délivrer un passeport à Saïd Ramadan, et à ce que «ses dépenses soient couvertes par le camp américain.» Des diplomates suisses ont confirmé que les Etats-Unis et Ramadan étaient proches. Selon un rapport diplomatique de 1967 des archives fédérales suisses, «Saïd Ramadan est, entre autres, un informateur des Britanniques et des Américains». 

Quand le quotidien suisse Le Temps a rapporté le contenu de ce rapport diplomatique, l'année dernière, la famille Ramadan a répondu dans une lettre ouverte, en ces termes : «Notre père n'a jamais collaboré avec les services de renseignement américains ou britanniques. Il a été, au contraire, l'objet d'une surveillance permanente durant de nombreuses années. » 

Les membres de la famille Ramadan se refusent à tout commentaire. Cette famille héberge deux frères, le célèbre intellectuel musulman Tariq, et son frère, Hani, qui dirige le Centre islamique de Genève, que son père a fondé. 


Une alliance fatale 


Bien qu'il ait eu la chance d'avoir pu fuir le Moyen-Orient, l'exil suisse de Saïd Ramadan l'a coupé de sa base militante. Selon des collègues qui le connaissaient à l'époque, il se mit à rechercher des soutiens locaux. Puis, une opportunité se présenta : il fut contacté en 1958 par quelques étudiants arabes de Munich, impatients de construire une nouvelle mosquée. 

chronologie
Les étudiants durent venir en Allemagne pour étudier la médecine, l'ingénierie et d'autres disciplines dans lesquelles l'éducation allemande excellait. Beaucoup étaient impliqués dans le mouvement des Frères musulmans en Égypte et profitèrent également de la chance de fuir les persécutions. Saïd Ramadan «était doué d'un talent d'orateur, et nous le respections tous», affirme Mohamad Ali El-Mahgary, qui dirige actuellement une organisation affiliée à la mosquée de Munich : le Centre islamique de Nuremberg. 

Les étudiants se liguèrent pour se débarrasser de Namangani, l'ancien imam SS évincé par l'idéologie des Frères musulmans. Ils considéraient l'Ouzbèk comme rétrograde, nostalgique d'une époque révolue où, par exemple, les traditions locales autorisaient la consommation d'alcool, alors que c'est expressément interdit par le Coran. Durant les trois années suivantes, Saïd Ramadan et les Frères musulmans montrèrent leurs dispositions politiques -- d'abord en soutenant les soldats et leurs alliés allemands, puis en imposant leurs propres conceptions. 

Au début, Saïd Ramadan fit équipe avec Amcomlib pour couper l'herbe sous le pied de Namangani. Selon les archives du ministère allemand des Affaires étrangères et les lettres personnelles de von Menden, il organisa, à Munich, en 1959, le "Congrès européen musulman", dont les informateurs de von Mende affirment qu'il fut cofinancé par l'Amcomlib. Le but était de marginaliser Namangani en faisant de la mosquée de Munich un centre aux dimensions européennes, et non réservé aux seuls musulmans munichois. Du point de vue des Etats-Unis, cela aiderait à renforcer le pouvoir de leur homme, Gacaoglu, et limiterait l'influence de l'Allemagne de l'Ouest sur les émigrés. 

Selon une interview de 1960, Saïd Ramadan prit officiellement le contrôle de la commission de construction des mosquées, et les étudiants s'efforcèrent de convaincre les anciens soldats que seul Ramadan pouvait trouver les fonds nécessaires à une mosquée. Saïd Ramadan fut élu président et Namangani relégué au grade de suppléant. 

Troublé, von Mende essaya de découvrir quels étaient les buts de Saïd Ramadan. Ses rapports montrent qu'il était convaincu que Saïd Ramanda travaillait avec les Etats-Unis. Mais il avait besoin d'une confirmation et s'adressa aux services de renseignements étrangers allemands. Dans une lettre personnelle à un ancien collègue de l'Ostministerium, von Mende demandait des informations sur Saïd Ramadan et suggérait de voler des dossiers dans son bureau de Genève. Il fit même une estimation du coût d'une telle opération, pots-de-vin et frais de voyage compris. Le contact de von Mende au BND confirma que Saïd Ramadan était soutenu par les Etats-Unis. Mais pour le vol des dossiers, le collègue l'en dissuada : Saïd Ramadan était "trop précautionneux" pour laisser des informations importantes dans des dossiers. 

Confirmant les inquiétudes de von Mende, la CIA soutenait maintenant ouvertement Saïd Ramadan. Selon les documents personnels de von Mende et des interviews de personnes qui le fréquentaient à l'époque, en mai 1961, Robert Dreher, un agent de la CIA attaché de l'Amcomlib à Munich, se présenta, en compagnie de Saïd Ramadan, au bureau de von Mende à Düsseldorf, pour une rencontre visant à proposer un effort conjoint de propagande contre l'Union soviétique. Von Mende les repoussa promptement. 

Gerhard von Mende décida qu'il devait utiliser Namangani pour orchestrer l'éviction de Saïd Ramadan. Au début, il parut y avoir réussi. Fin 1961, Namangani organisa une réunion de la commission des mosquées. Saïd Ramadan fut accusé de malversations financières. Les soldats proposèrent un nouveau candidat, qui l'emporta à la majorité simple, au terme d'un scrutin serré. Dans des mémos internes, des officiels allemands se félicitèrent de l'éviction de Saïd Ramadan, et avec lui des plans pour une "mosquée monumentale". 

Mais un officiel zélé de la municipalité fit remarquer que, selon les statuts de la commission Namangani devait, pour être élu, obtenir les deux tiers des voix. Une majorité simple ne suffisait pas. Une fois de plus, l'aptitude de Saïd Ramadan à mobiliser fut décisive : ses étudiants étaient déterminés, contrairement aux soldats de Namangani, pourtant plus nombreux. Saïd Ramadan resta responsable de la commission des mosquées. 

Découragés, les soldats commencèrent à quitter la commission. Namangani demeurait le chef de l'organisation ouest-allemande, chargé de la gestion des besoins spirituels des anciens soldats, mais n'avait plus aucun rôle concernant les mosquées. Dans une lettre de sept pages, qui se trouve aujourd'hui dans les archives de l'État bavarois, Namangani explique qu'il est fatigué de se battre avec Saïd Ramadan. «La commission de construction des mosquées s'est beaucoup éloignée de ses buts initiaux, et il y a une dangereuse et grande probabilité qu'elle devienne un centre pour des personnes engagées dans des activités politiques», écrit-il. 

Le départ des émigrés de la commission des mosquées ralentit sa course mais ne l'arrêta pas. La bureaucratie allemande, infestée d'anciens nationaux-socialistes, considérait toujours avec bienveillance l'idée de construire une mosquée, comme le montrent des mémos internes. Ils n'étaient apparemment pas au courant de ce que leurs anciens camarades de combat avaient quitté la commission. La bureaucratie ouest-allemande avait même donné au projet de mosquée, désormais totalement aux mains des Frères musulmans, un statut l'exonérant de toute taxe, ce qui aurait représenté des millions, au cours des décennies suivantes. 

Malgré tout, von Mende réalisa que ses Turcs étaient délaissés politiquement. Dans un mémo au ministère des Affaires étrangères allemand, il dit que le gouvernement devrait faire tout ce qui était en son pouvoir pour bloquer Saïd Ramadan, qu'il considérait comme un outsider à la solde de l'étranger. On ne saura jamais si von Mende aurait pu stopper Saïd Ramadan : en décembre 1963, alors qu'il était dans son bureau de Düsseldorf, von Mende eut une crise cardiaque foudroyante et mourut sur le champ. Il était âgé de 58 ans. 

Quelques mois plus tard, son "Service de Recherche est-européen" était fermé et son réseau d'informateurs dispersé. Ce n'est que des décennies plus tard, après les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, que l'Allemagne concentra sérieusement les investigations de son service de renseignements intérieurs sur les agissements des Frères musulmans à Munich. 


La vision du banquier


Laissée sans surveillance, la mosquée n'avait pratiquement plus rien à voir avec les musulmans munichois. Et à cette époque, les preuves de l'implication de la CIA s'étaient évanouies. Par contre, la direction s'était finalement retrouvée dans un endroit bien différent : Campione d'Italia, une ville de manoirs et de millionnaires des Alpes suisses. Là, depuis la terrasse de sa villa surplombant le lac de Lugano, l'un des fidèles lieutenants de Saïd Ramadan, Galeb Himmat, dirigeait la mosquée de Munich et le réseau qui en dépendait. 

De tous les personnages de l'histoire de la mosquée, Galeb Himmat est le plus énigmatique, de plus, il est l'un des derniers encore en vie. Ce Syrien immigra à Munich dans les années 1950 pour études, mais finit par s'enrichir du bénéfice de ses activités commerciales. Aujourd'hui sous le coup d'enquêtes de plusieurs pays pour ses liens avec le terrorisme, il évite habituellement toute publicité. Il a cependant accepté de faire quelques brefs commentaires par téléphone pour cet article. 

Ses contemporains et des archives révèlent que Himmat avait un rôle moteur dans l'entreprise. Selon les dires de membres de la commission des mosquées, il a été à l'origine, en 1958, du mouvement qui a invité Saïd Ramadan à Munich. Des documents montrent que les deux hommes collaboraient étroitement. Ils allaient ensemble lever des fonds, et Galeb Himmat remplaçait Saïd Ramadan quand celui-ci rentrait à Genève. 

La mort de Gerhard von Mende aurait dû laisser à Saïd Ramadan les coudées franches dans la prise en charge du projet. Mais durant les années suivantes, il en perdit le contrôle au profit de Himmat. La raison exacte de leur séparation n'est pas claire, mais de proches associés parlent de différences de nationalité. Galeb Himmat récuse l'affirmation et affirme qu'il ne sait pas pourquoi Saïd Ramadan est parti. 

Au même moment, Ramadan perdait le soutien de ses partenaires saoudiens. À cours d'argent, il cessa de publier son magazine en 1967. Durant un quart de siècle et jusqu'à sa mort, en 1995, l'influence de Saïd Ramadan déclina. Son fils, Tariq, le décrit dans un livre comme enclin à «de longs silences, perdu dans ses souvenirs et pensées, et, souvent, dans l'amertume.» 

Galeb Himmat assumait le contrôle de la mosquée juste avant son ouverture, en août 1973. Sous sa direction, la mosquée prit de l'importance, devenant de facto l'ambassade en Europe des Frères musulmans. Comme son influence grandissait, le groupe changea de nom, passant de "Commission pour la construction de mosquées" à "Communauté islamique du sud de l'Allemagne". Elle porte aujourd'hui le nom de "Communauté islamique d'Allemagne". C'est une des organisations islamiques les plus importantes du pays, avec 60 mosquées et centres islamiques dans tout le pays. 

Le groupe est également devenu la pierre angulaire d'un réseau d'organisations qui ont promu à travers l'Europe la pensée des Frères musulmans. Par exemple, la Communauté islamique d'Allemagne a aidé à la fondation de la Fédération des organisations islamiques d'Europe (Federation of Islamic Organizations in Europe), située au Royaume-Uni, qui unit les groupes et lobbies proches des Frères musulmans dans toute l'Union européenne. 

Galeb Himmat prétend que la mosquée a toujours été ouverte à tous les musulmans mais que les Frères musulmans en sont venus à la dominer parce qu'ils sont les plus actifs. «Si les Frères musulmans me considèrent comme étant des leurs, c'est un honneur pour moi», dit Galeb Himmat lors de l'interview téléphonique. «Ils sont non violents. Ils sont pour le dialogue interreligieux. Ils agissent en faveur de la liberté.» 

Durant des décennies, les autorités allemandes n'ont guère prêté attention aux activités des Frères musulmans de Munich, qu'ils voyaient déconnectés de la société allemande. Ils ont été lents à prendre en compte les signaux d'alarme. En 1993, après une attaque à la voiture piégée contre le World Trade Center de New York, qui avait tué 6 personnes et en avait blessé 1000, les enquêteurs ont découvert qu'un des organisateurs était Mahmoud Abou Halima, qui avait fréquenté la mosquée. Il fut jugé aux États-Unis, en 1994, et condamné à la perpétuité sans libération conditionnelle. Selon des officiels de ces services, les renseignements intérieurs allemands ont commencé à surveiller la mosquée, mais ont relâché leurs efforts peu après, du fait qu'aucun lien avec le terrorisme n'était apparu. 

Les attentats du 11 septembre ont changé la donne. Trois des quatre principaux terroristes avaient étudié en Allemagne, tout comme un des organisateurs de premier plan. L'application des lois allemandes et américaines consistait à rechercher des indices; quelques-uns, cela n'apparaît que maintenant, conduisaient à la mosquée de Munich. 

Il s'est avéré que Galeb Himmat était l'un des fondateurs de la banque Al-Taqwa, une institution située aux Bahamas, et dont la liste des actionnaires est un who's who de personnalités associées aux Frères musulmans en Europe. Cette banque a été reconnue dans plusieurs pays occidentaux comme entretenant des liens avec le terrorisme. Les enquêteurs pensent que cette banque aide à transférer des fonds au mouvement terroriste palestinien Hamas et aurait fait parvenir des fonds à des membres d'Al-Qaeda. 

En 2001, les USA ont publié une liste de terroristes "identifiés" sur laquelle figure Galeb Himmat et un autre actionnaire, Youssef Nada. Le département du Trésor américain a gelé leurs avoirs aux USA. Le mois dernier, les autorités suisses ont cessé leurs enquêtes, arguant d'un manque de preuves. Toutefois, les avoirs financiers de ces hommes restent gelés et les Etats-Unis indiquent qu'ils continuent leur enquête. 

Himmat et Nada nient toute implication terroriste. Membre de longue date de la mosquée de Munich, Youssef Nada, affirme, dans une interview, qu'il ne s'en occupe plus et n'assiste plus aux réunions de la direction. Il dit que la mosquée n'était pas un quartier-général officiel des Frères musulmans, car le groupe n'est plus une organisation officielle. Maintenant, dit-il, elle est devenue quelque chose de différent : une matrice d'idées. «On ne signe plus de formulaire, dit Nada. Nous ne sommes pas une organisation économique ni politique. Nous sommes une manière de penser.» 

L'enquête américaine sur le financement du terrorisme a suffi pour mettre un terme à la carrière de Galeb Himmat dans la Communauté islamique d'Allemagne. Il a démissionné en 2002, dit-il, parce qu'étant fiché sur la liste des terroristes il ne pouvait plus signer des chèques au nom de la communauté, et ainsi ne pouvait plus payer son équipe. Il affirme que l'organisation se débrouille très bien sans lui et n'envisage pas d'y revenir. «Elle fonctionne, dit-il, pas besoin.» 

En avril, la police allemande a fait une incursion dans la mosquée, affirmant qu'elle était impliquée dans le blanchiment d'argent et la propagation d'ouvrages intolérants, ce qui est un délit en Allemagne. La police a saisi des ordinateurs et des fichiers dans les bureaux. C'était l'une des quelques incursions qui ont eu lieu dans le centre, malgré le fait qu'aucune n'a débouché sur une mise en accusation. 

Les officiels de la mosquée affirment que les temps où l'organisation était le point central de l'islam politique sont révolus. «Ce centre a évolué du statut de centre important en Allemagne et dans le monde à celui d'une institution locale», déclare Ahmad Von Denffer, un dirigeant de la mosquée. Depuis, la communauté islamique d'Allemagne a déplacé son centre opérationnel à Cologne, où réside son actuel président. 

Cependant, dans le monde de l'islam politique, le centre islamique de Munich reste quelque chose de spécial. Certains des principaux dirigeants de cette idéologie y ont servi et y ont fait des discours. Et l'actuel murshid ("guide spirituel") des Frères musulmans, Mahdy Akef, a dirigé le centre. 

Mahdy Akef se rappelle avec tendresse ses années à Munich, entre 1984 et 1987. Petit homme amical avec un sourire espiègle et de grosses lunettes, Akef dit que le centre est l'un des quelques centres appartenant aux Frères musulmans en Europe. Durant son séjour, dit-il, des chefs d'État du monde musulman en voyage officiel ont visité la mosquée de Munich pour honorer les organisations islamiques les plus influentes du monde. La mosquée était si importante qu'il fut arrêté, en Égypte, dans les années 1990, et accusé d'avoir voulu créer un parti politique islamique - une des charges retenues contre lui étant qu'il avait dirigé le centre. 

L'organisation des Frères musulmans est toujours officiellement bannie en Égypte, mais un petit bureau au Caire est toléré. Assis sur un sofa sous une carte du monde où les pays musulmans sont coloriés en vert, Mahdy Akef affirme qu'en effet, les Frères musulmans se sont répandus depuis Munich jusque dans d'autres villes d'Allemagne et d'Europe. Mahdy Akef est un personnage controversé, qui parle avec sympathie des kamikazes en Iraq. Mais il évite de répondre aux questions relatives au terrorisme et au fondamentalisme. Au lieu de cela, il préfère faire état du travail accompli par la communauté à Munich, qui a aidé à embellir un remblai tout proche et à planter des pins dans la terre de la mosquée. 


« Nous avons fait, de cette décharge, un bel endroit qui est désormais rempli d'arbres, dit-il. C'est un des plus beaux endroits d'Allemagne.»

3 commentaires:

  1. les citations d'Hitler sont tiré de qu'elle livre ? surement pas de mein Kampf.

    des propos soit disant rapporté par d'autre après sa mort, les citations cis dessus d'Hitler sur l'islam est le christianisme sont probablement apocryphe .

    Hitler a tenue des discours pro chrétiens durant les années 20, 30 sans pour autant en faire la ligne de son partit (si je retrouve les citations je les mettrais )

    son partis n'était pas chrétiens mais probablement pas anti chrétiens .

    mon avis et que ces histoires de nazislamiste sont des inventions moderne qui sert les intérêt d'on sait qui .

    ce n'est les 60 000 SS musulman ou la rencontre avec le grand mufti de Jérusalem qui peut faire d'Hitler un islamophile accomplie .

    il a soutenue la cause nationale palestinienne et les causes nationale arabe pas des mouvement islamique .

    précisons aussi qu'il n'a jamais soutenue un état juifs en Palestine ,mais qu'il était pour état juifs pas forcément en Palestine .

    est ou tous les juifs y vivrait. un état juifs plus une diaspora juive était pour lui le pire des cauchemars .

    et puis il y a eux quelque hindoue dans les rang allemands ,les nazis était bien plus proche des mythe indo européens que de l'islam pour autant on ne lui prête pas des propos pro hindoue .

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  2. le guer mandchou

    vive la consanguinité !! l argent n a pas d odeur !! a ce jeu macabre toute la plebe mondiale passe a la caisse .

    Sur le site ; stategie du chaos controlé; rothschild avait acheté charlie hebdo. ( peut que les gros lards saoudiens ont raté cette achat ?)

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    1. C'est ça c'est la consanguinité et la filiation d'autre part, le fond du problème ou de la question !!!!

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