samedi 22 mars 2014

Critique des "bergers éclairés"

  billet invité. j'ai du mérite car ce n'est pas mon "bord". mais des idées justes, ci-dessous, me semble-t-il :

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Les deux ennemis fondamentaux de leur "République" : la classe ouvrière consciente de son aliénation et la paysannerie indépendante

La clique de frères la truelle au pouvoir se réfère en permanence à la "République". Mais il faut bien comprendre ce que ces gens mettent derrière ce mot.

Derrière ce mot, il y a une nouvelle religion de synthèse. Une religion dont l'objectif principal consiste à unifier le monde, culturellement, ethniquement, politiquement, et économiquement.

Cette religion ne s'assume jamais clairement, car elle sait que pour s'accomplir, elle doit imposer une violence extraordinaire aux peuples en place, et elle doit en conséquence louvoyer et mentir en permanence pour avancer sans jamais assumer son réel projet.

Surtout qu'en plus de ça, elle se prétend démocratique.

Mais on voit bien jour après jour ce que c'est que sa "démocratie".

Fondamentalement, cette caste au pouvoir méprise profondément le peuple, qui n'est pour elle qu'une simple matière que l'on modèle à loisir. Les gens au pouvoir se voient comme des bergers éclairés devant guider le troupeau de bétail abruti pour son plus grand bien, et malgré lui. La démocratie consiste alors à faire voter le troupeau de bétail pour deux membres de ce même clergé éclairé. Et on voit à quel point ce nouveau clergé a en sainte horreur toute idée de referendum, d'expression directe du peuple, qui décidément s'acharne à mal voter et à refuser le grand Progrès.

Cette nouvelle religion est une infâmie pour deux raisons principales :
   Tout d'abord, elle consiste à remplacer la dentelle de civilisation millénaires construites sur la durée par une grosse toile de jute globale, sans saveur. Elle constitue une formidable regression. Le film du 5ème élément en donne un superbe aperçu.
   Ensuite, parce qu'avec son modèle unique, elle refuse toute idée de concurrence des cultures et des modèles ("competition is a sin", n'est ce pas).

Or sans concurrence, c'est l'enfoncement garanti dans la médiocrité, dans la sous efficacité, dans la rente. On le voit avec la "démocratie" américaine de 300 millions d'habitants qui n'est plus qu'un impérialisme bancaire intégralement sous le contrôle des lobbyes. On le voit aussi en Europe avec l'euro et sa négation des prix fondamentaux que sont les taux d'intérêt et les taux de change, et qui a amené à une gabegie extraordinaire jamais vue dans l'histoire. Idem sur l'affaiblissement organisé des forces de son peuple jadis solides, par l'immigration visant à accomplir le grand destin d'unification dans une plèbe globale médiocre.

Ainsi cette religion, parce qu'elle vise à instaurer un modèle sous efficace, comme le communisme en son temps, doit s'imposer partout ou mourir.

Et c'est la que l'Ukraine est passionant. La démocrature globale est prêt à soutenir des néo nazis s'il le faut, du moment que ça affaiblit la Russie. Le véritable ennemi de cette grande révolution, ce sont tous les régimes se revendiquant de l'enracinement, de la souveraineté populaire à l'ancienne (que le système qualifiera de populiste, car populaires, contrairement à eux).

Dans ces conditions là, d'ailleurs, les suisses ont du souci à se faire. Et on voit d'ailleurs très bien que la grande offensive a commencé.

A l'intérieur des peuples déjà soumis à la grande révolution "éclairée", il existe deux ennemis avérés :
   le premier est la classe ouvrière salariée et prolétarisée consciente de son aliénation. Pour faire taire cette contestation, le système a apporté une solution globale en plusieurs bandes, constituée du couple délocalisation/chômage de masse.

En envoyant loin les métiers les plus durs, le système a réduit la contestation localement. Ceci a été couplé à une politique sciemment voulue de chômage de masse, dont l'outil principal est le salaire minimum à seuil que le système cherche à imposer partout (encore récemment en Allemagne). Cette classe de chômeurs est payée intégralement par ceux qui ont encore un travail salarié et naturellement pas du tout les kleptos (comble de l'ironie, on dira même qu'on appellera cette ponction une "assurance" chômage), et en faisant fabriquer par des esclaves loin ce que consomment des chômeurs ici, on achète la paix sociale. La peur du chômage fait le reste pour tuer toute contestation de la condition aliénante d'un salariat prolétarisé et abêti, et ponctionné à des hauteurs rarement atteintes dans l'histoire, et désormais plus très loin de l'esclavage.

   L'autre classe héréditairement ennemie à cette caste de bergers "éclairés", c'est historiquement la paysannerie indépendante et enracinée. Car structurellement insoumise, et sur laquelle le système qui veut tout régenter n'avait pas d'emprise. Son sort a été reglé il y a longtemps grâce à la "révolution verte". Il y a eu d'ailleurs ces derniers jours un excellent documentaire sur France 2, sur la mort récente de cette paysannerie millénaire. On y voit très bien comment la "modernité" les a forcé à s'endetter, à diminuer en nombre, pour finalement disparaître et pour ceux restant, devenir de simples "exploitants agricoles" :
Adieu paysans
France 2, 18/03/2014 lien France 2