mardi 1 octobre 2013

les enfants de l'Ecclésiaste

16Malheur à toi, terre, dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin. 

17 Heureuse est la terre dont le roi est d'une race illustre, et dont les princes ne mangent qu'au temps qu'il faut, pour se nourrir, et non pour satisfaire la sensualité.

18 La charpente du toit se gâtera peu à peu par la paresse, et les mains lâches seront cause qu'il pleuvra partout dans la maison.

19 Les hommes emploient le pain et le vin pour rire et se divertir, et pour passer leur vie en festins ; et toutes choses obéissent à l'argent.

20 Ne parlez point mal du roi dans votre pensée, et ne médisez point du riche dans le secret de votre chambre, parce que les oiseaux mêmes du ciel rapporteront vos paroles, et ceux qui ont des ailes publieront ce que vous aurez dit.


14 J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil, et j'ai trouvé que tout est vanité et affliction d'esprit 

15 Les âmes perverties se corrigent difficilement, et le nombre des insensés est infini.

18 Parce qu'une grande sagesse est accompagnée d'une grande indignation, et que plus on a de science, plus on a de peine.


16 J'ai vu sous le soleil l'impiété à la place du jugement, et l'iniquité à la place de la justice;

17 Et j'ai dit en mon coeur : Dieu jugera le juste et l'injuste, et alors ce sera le temps de toutes choses.

18 J'ai dit en mon coeur touchant les enfants des hommes, que Dieu les éprouve, et qu'il fait voir qu'ils sont semblables aux bêtes.

19 C'est pourquoi les hommes meurent comme les bêtes, et leur sort est égal. Comme l'homme meurt, les bêtes meurent aussi. Les uns et les autres respirent de même, et l’homme n'a rien de plus que la bête: tout est soumis à la vanité.

20 Et tout tend en un même lieu. Ils ont tous été tirés de la terre, et ils retourneront, tous dans la terre.

21 Qui sait si l'âme des enfants des hommes monte en haut, et si l'âme des bêtes descend en bas?

22 Et j'ai reconnu qu'il n'y a rien de meilleur à l'homme que de se réjouir dans ses œuvres, et que c'est là son partage, car qui le pourra mettre en état de connoître ce qui doit arriver après lui ?

tout 

 L' Ecclesiaste.
traduction en grec de hébreux  Qohelet : celui qui s'adresse au peuple.
Ce nom est le pseudonyme que prit le roi philosophe Salomon (970-930 av JC) pour rédiger, au soir de sa vie, son livre de pensées. Le prologue de ses réflexions reste un proverbe célèbre, connu de tous les philosophes.
" Vanité des vanités, tout est vanité".
Ce roi ne cesse de poser des questions à ses lecteurs, mais aussi à lui même.

A quoi bon travailler, si je n'ai même pas le temps de jouir de la vie?
A quoi sert la joie?
La méchanceté ne raccourcit-elle pas la vie du méchant?
L'excès de sagesse ne conduit-elle pas vers la même échéance?
Qui peut se vanter d'être pour toujours à l'abri du mal?
Jusqu'où peut me mener ma folie?

La conclusion de ses réflexions est tout aussi merveilleuse.
Après avoir formulé l'évidence, inscrite sur maintes stèles funéraires: 
" tu viens de la poussière et tu retournes à la poussière", il achève son œuvre par cette recommandation on ne peut plus sage :

" Profite de la vie avant que tu ne prennes plus goût à rien, mais n'oublie pas qu'il y a un créateur, et qu'un jour toutes tes actions, même les plus secrètes, seront amenées à un jugement".

Salomon est l'auteur de proverbes célèbres.  "Le salut est dans le grand nombre de conseillers". En conséquence, le débat, lève un coin du voile sur la vérité.

"Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort." "Celui qui augmente son savoir augmente sa souffrance."


 La personnalité de Salomon, son existence et sa geste, ses multiples dons de pacificateur, de constructeur, de magicien, auront été repris dans les traditions les plus variées, les domaines les plus étranges. Le fils du roi David apparaît dans les mythes du compagnonnage puis dans ceux de la franc-maçonnerie, développés par les savants oxoniens du XVIIe siècle, comme Elias Ashmole, admis dans une loge opérative, ou plusieurs membres éminents de la Société Asiatique, au XIXe siècle. Peut-être avaient-ils suivi les consignes exprimées par Jung : « Les légendes ont remplacé les outils rationnels : on y recherche les correspondances des personnages et des événements par une étude historique, biblique, l’archéologie, la philosophie dans un souci de l’appliquer à soi-même. La légende, au plan ésotérique, est une composante de la Tradition, une révélation exemplaire et sacrée, constituant un modèle pour la recherche humaine »......
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Les références à Salomon, particulièrement vénéré dans le monde islamique, sont au nombre de 17, dans 8 sourates. S’il n’est pas associé à la construction du Temple, M. L. de Premare a montré cependant que la sourate 52, versets 1 à 8, rappelait le livre des Rois I, 7, 3 et la sourate 36, le Livre de Jérémie. Avant même l’apparition de l’Islam, le poète arabe Dabira fait l’éloge du roi de Hira en le comparant à Salomon. Là aussi, ses dons de magicien, de manipulateur des djinns, reconnus dans le Coran influencèrent les occultistes arabes qui semblent avoir créé le mythe du sceau de Salomon. La plupart des pays musulmans évoquent cette personnalité prophétique, spirituelle, voire magique, comme au Yemen (M. Christian Robin), en Iran (M.Assadallah Melikian-Chirvani), en Afghanistan et à la cour des Empereurs Moghols (Mme Corinne Lefèvre), et en Asie Centrale où M.Thierry Zarcone a recensé les lieux dédiés au fils de David...... 
.......en 1268, « Le Livre des Métiers » d’Etienne Boileau recense cent un métiers, et la promotion interne qui les gère, soit les apprentis, les compagnons et les maîtres. La construction des cathédrales s’appuie sur trois métiers principaux, les tailleurs de pierre, les menuisiers et les forgerons ; leurs membres se réunissent dans des « loges », installées, soit dans la crypte des cathédrales, soit dans un bâtiment annexe comme à Strasbourg. En 1283, Louis IX nomme Grand Maître de la maçonnerie opérative son compagnon croisé Guillaume de Saint-Petbus. Les membres de cette maçonnerie opérative, appelés parfois « gavots » adoptent le nom de « Enfants de Salomon » (comme le signale Villard de Honnecourt à l’époque). C’est que pour eux, la construction d’une cathédrale est une réplique de la construction du Temple de Jérusalem. Le document appelé « Regius » (1390) décrit les sept « arts libéraux » et a comme titre « Ici commencent les statuts de l’enseignement de la géométrie selon Euclide » . « Géométrie » a le sens de « maçonnerie ». On enseigne aux apprentis que la « géométrie » a été préservée du déluge, retrouvée par Hermès, petit-fils de Noé, et qu’elle a été révélée à Charles Martel, dont un des architectes de la cour aurait participé à l’édification du temple de Jérusalem. Ainsi le mythe de Salomon se trouve adopté par la philosophie compagnonnique.....


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plongée dans une jet-set futuriste en quête d’une pseudo-immortalité : les « heureux » (?) élus – cooptés… – ne vivent plus qu’un jour de temps à autre, passant les semaines, mois ou années intermédiaires dans un cercueil cryogénique ; et, quand ils se réveillent, dans un monde qu’ils ne comprennent plus, c’est pour s’enfermer dans des fêtes toujours plus absurdes et mécaniques, et s’offrir au regard du commun.

parce qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. 
je laisse tout cela à votre jugement et à vos émotions. je pense à vous.