vendredi 23 août 2013

il n'y a ni "peak-oil", ni pétrole !

cklik : "tous les producteurs qui ont déjà dépassé leur pic"

Coûts de production des hydrocarbures selon leur nature. Les pétroles déjà produits l'ont été avec des coûts de production allant de 2 à 20 $ le baril, les pays du Moyen Orient fourniront leur brut entre 6 et 15 $ le baril, le reste du pétrole conventionnel est accessible à moins de 26 $ le baril, etc.
Ces coûts de production s'entendent hors "coûts de CO2". ce qui est "normal" puisqu'on s'en fout du climat !

 

Pour les hydrocarbures liquides ou gazeux, cette règle de la limite économique n'est pas la seule : il y a également une limite franche qui est purement physique (mais qui peut être atteinte ou pas avant la limite économique) : comme on cherche à extraire de l'énergie en utilisant pour cela... de l'énergie, la limite physique est atteinte dès qu'il faut dépenser plus d'1 kWh d'énergie (qui est largement composée de pétrole et de gaz) pour extraire et raffiner 1 kWh de pétrole (ou de gaz). 

C'est cette limite physique qui fixe très largement le taux de récupération maximal des réservoirs de pétrole conventionnel (sachant que la "résistance" à l'extraction augmente au fur et à mesure que le pétrole résiduel diminue) : quand il faut dépenser plus d'énergie pour l'extraction que le contenu de ce qui est extrait, il n'y a plus de "réserve d'énergie primaire".

Quand il faut utiliser plus de 1 en énergie pour extraire 1, il reste assurément une ressource en terre, mais cette ressource n'est plus une source d'énergie primaire. Pour l'exploiter il faut alors disposer d'une autre source d'énergie primaire, qui fournira plus de kWh que le pétrole extrait n'en contient. On peut par exemple imaginer une centrale nucléaire ou solaire qui va produire de la vapeur ou de l'eau injectée sous pression pour "laver" un gisement et remonter à la surface une fraction supplémentaire du pétrole qu'il contient (une large partie des réservoirs d'Arabie Saoudite est déjà exploitée comme cela, sauf que pour le moment on dépense encore nettement moins d'énergie pour l'extraction que le contenu du pétrole extrait).
Si la hausse du prix du baril n'a qu'un effet marginal sur le volume des réserves à bref délai, cette hausse de prix maintenue dans la durée rendra néanmoins économique l'exploitation de ressources autres que le pétrole conventionnel (bruts extra-lourds, une fraction des schistes, etc), qui peuvent servir à fournir les mêmes produits finis que le pétrole conventionnel, mais coûtent plus cher à exploiter, à la fois sur le plan économique et sur le plan énergétique. Une partie de ces ressources peuvent même ne pas être énergétiquement rentables (c'est notamment le cas de l'essentiel des schistes), mais d'autres le sont si le prix est assez élevé. manicore -Jancovici.

 Prix du baril de pétrole en dollars courants (mauve) et dollars constants de 2009 (bleu) de 1861 à 2011.
Source : BP Statistical Review, 2013

voilà pourquoi nous forerons tout en conservant nos centrales atomiques "indestructibles" (au sens strict).
voilà pourquoi aussi, le chômage sera le lot commun, car la production sera plus onéreuse et donc elle ne sera plus "de masse". de plus les robots sont moins énergivores.

les retraites seront un lointain souvenir du passé, comme cela se dessine déjà aux USA :

States, counties, cities, and other public entities face huge deficits in pensions and promised health care benefits that cumulatively add up to trillions of dollars. Detroit’s bankruptcy was fueled to a large degree by its pension and health care shortfalls, with billions owed to its workers and retirees that were not supported by adequate funding. All of the major cities in the country and many of the states also face future deficits of varying degrees that are not being properly addressed. While the focus may be on the national debt of the federal government, the failure of cities and states to fund the pensions and health care benefits of public workers may present an even greater problem.  

source "The Looming Pension Crisis"

pour ce qui a trait à notre système de santé, il y a l'analyse de Benoît Thévard, ici sur son blog
qui est assez "perturbante" et demande qu'on s'y arrête.

je ne parle même pas du manque d'eau, de la déforestation, du "dérèglement climatique",  des déplacements des populations, des dettes...

je parle impôts, emplois et pouvoir d’achat, baisse du niveau de vie et guerres du manque. 

en résumé :

le pétrole depuis les années 1980 se multiplie aussi vite que la misère !

on n'est pas prêts d'en manquer !