lundi 17 septembre 2012

Le post-humanisme est l'avenir de l'homme

La question a été posée au début de l'année dans un texte de trois philosophes-éthiciens publié sur Internet. S. Matthew Liao, Anders Sandberg et Rebecca Roache y expliquent que, dans la lutte contre le réchauffement climatique, il faut songer à une tierce voie : l'homo-ingénierie. Faisons évoluer artificiellement l'être humain pour qu'il consomme moins de ressources et que soit ainsi diminué son impact écologique. Première voie à explorer : tout comme le professeur Tournesol rend, dans Tintin et les Picaros, le capitaine Archibald Haddock allergique à toute forme d'alcool, on peut chimiquement faire en sorte de rendre écœurantes les protéines animales. Exit les élevages intensifs et leur cruauté, les pets et rots de vaches pleins de méthane, le défrichement de la forêt amazonienne pour faire pousser du soja transgénique destiné à nourrir les bêtes, le détournement des cultures et de l'eau au profit des animaux de boucherie. Mais il y a mieux encore... Le nanisme est l'avenir de l'homme. Le métabolisme de base étant directement proportionnel à la taille, les petits consomment et dépensent moins de calories que les grands. Sélectionnons donc, par le biais du diagnostic pré-implantatoire, les embryons génétiquement prédestinés à devenir de petits adultes. Tu seras un lilliputien végétalien mon fils. Tu conduiras un pot de yaourt, tu vivras dans une maison de poupée, tu boiras moins, tu pisseras moins, tu feras tout moins. On baissera les panneaux de basket, la hauteur des filets de tennis, on réduira la taille des buts au football et la longueur des pistes d'athlétisme pour que le sprint dure toujours moins de 10 secondes.
Pour Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, le concept d'homo-ingénierie « part du présupposé qu'on est arrivé à une espèce de terme, que l'homme ne peut plus évoluer. Elle oublie que l'évolution met en exergue des ressorts insoupçonnés, qui ne se sont pas encore révélés mais sont présents dans les potentialités de nos gènes. Cette approche de démiurge ou d'ingénieur veut améliorer l'homme au-delà de son état de nature mais elle risque surtout de conduire à une perte de diversité de notre espèce. » Même si on parvient à écarter la tentation eugéniste sous-jacente à l'homo-ingénierie, reste que cette démarche dans laquelle l'homme veut prendre en main de manière artificielle sa propre évolution témoigne d'une crainte troublante : nous avons peur de ne pas pouvoir nous adapter au monde que nous avons nous-mêmes créé. source

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c'est intéressant. ils tournent et virent mais effectivement seule la diversité de notre espèce peut nous faire muter à fins d'adaptation pour garantir notre pérennité sur cette planète.
il serait moins dangereux d'aller coloniser une autre planète.
et encore moins dangereux de prendre deux minutes de réflexion collective. 
l'histoire pourrait mal se finir pour l'espèce humaine.