mercredi 29 août 2012

de la vache folle à l'esclavage des insectes : à table !

La Commission européenne a voté le 18 juillet en faveur de l'autorisation des farines de porc et volaille dans l'alimentation des poissons.

Si aujourd'hui la question de réintroduire les protéines animales transformées est à nouveau posée, c'est qu'elles présentent un avantage majeur : leur coût est faible relativement à leur richesse énergétique, critère sur lequel aucune céréale ne rivalise. Pour Laurent Alibert du pôle alimentation animale de l'Ifip, institut français du porc, animal omnivore, "le retour des protéines animales permettrait d'alléger la pression sur l'aliment qui pèse sur les éleveurs due au coût élevé et prévu à la hausse des céréales". Il précise que l'aliment représente entre 60 et 70% du coût de revient pour l'éleveur de porc français. A cela s'ajoute le problème de gestion des trois millions de tonnes par an des sous-produits d'élevage. Certains, propres à la consommation humaine (classés catégorie 3), pourraient être recyclés via les protéines animales transformées.


Pour faire face à la flambée du prix des céréales, il existe plusieurs propositions : les farines de poissons, la culture de légumineuses, cultiver du soja en Europe, mais aucune ne semble satisfaisante. Concernant les farines de poisson d'indice énergétique proche de celui des protéines animales, "elles sont utilisées pour les porcelets, surtout dans le Nord de l'Europe, mais trop chères et contraignantes" pour Laurent Alibert de l'institut du porc, et sont "devenues une aberration car on pille les océans à hauteur de 20 millions de tonnes par an uniquement pour nourrir les élevages de poissons d'après les données de la FAO", selon Jean-Philippe Deslys du CEA. Le principal problème posé par les légumineuses pourtant plus riches en énergie que le soja est sa teneur en cellulose très mal digérée par les carnivores. Il existe aujourd'hui des technologies permettant de réduire la quantité de cellulose mais Laurent Alibert note que "ça fait 25 ans que sort un plan protéagineux tous les un ou deux ans". Il pointe également l'absence d'investissement dans l'exploitation de soja "alors qu'on a tous les outils pour le faire dans le sud de la France et se détacher de notre dépendance aux importations".
Jean-Philippe Deslys voit davantage l'élevage de demain plus respectueux des cycles de la nature avec des déchets animaux digérés dans un premier temps par des insectes qui pourront nourrir ensuite des poissons ou des volailles ajoutant ainsi une barrière d'espèce. Selon lui, "les insectes, sortes de mini usines, sont capables de transformer les sous-produits animaux en protéines et lipides de façon plus efficace et plus propre que nous". tout lire pour devenir végétarien sans attendre