mardi 6 mars 2012

la "Zone" de l'Europe c'est la Zone Euro



Il est assez clair que les pays avec du pétrole (ou autre chose qui rapporte, comme dans le cas de la Suisse) sont restés éloignés de la zone euro.
La zone euro est un groupe de pays pauvres en énergie.



Les prix élevés du pétrole affectent désormais l'Europe plus que les États-Unis.
Fig. 1
 
Le monde se  partage une quantité limitée de pétrole. Lorsque les prix du pétrole augmentent, la production de pétrole n’augmente pas. (Fig.1)
Fig. 2
Les questions deviennent : Quels sont les acheteurs ? Quels sont les pays touchés de façon disproportionnée?
Il semble que cette fois-ci, l'Europe, et en particulier la zone euro, est la région du monde qui est frappée le plus durement par les prix élevés du pétrole. Cela a à voir avec le niveau relatif de l'euro en dollar américain. Si l'on regarde le prix du Brent (pétrole  européen) en Euros (Figure 2), on voit que les prix sont maintenant aussi élevés qu'ils l'étaient à la mi-2008.La situation aux États-Unis est assez différente. Le rapport dollar-euro travaille plus en faveur des États-Unis, de sorte que la hausse du Brent en dollars américains a été plus faible cette fois qu’en 2008. En outre, les raffineries aux États-Unis ont la chance d'acheter du pétrole qu'elles achètent à des prix inférieurs à celui de Brent. (Fig 3)

Fig. 3
 

il est clair que les prix actuels américains sont bien en deçà du sommet des prix de 2008, la situation est donc très différente pour l'Europe.
En Europe, la production de pétrole est en baisse depuis 2002 environ. (Fig 4)
Fig. 4
Cette baisse de la production de pétrole a un impact négatif, sur les emplois et les recettes fiscales européenne en baisse.
En comparaison, la production de pétrole en Amérique du Nord a même augmenté un peu récemment. Une augmentation de la production américaine et canadienne a permis de compenser une baisse de la production mexicaine.  (Fig5).
Fig 5
Plus important encore, le pétrole européen ne bénéficie pas à toutes les nations européennes. Ce sont les pays qui extraient le pétrole qui en bénéficient, principalement la Norvège et le Royaume-Uni. Les pays non producteurs doivent importer le pétrole qu’ils utilisent. Les pays importateurs de pétrole généralement importent aussi du gaz naturel à des prix qui sont liés au prix du pétrole, de sorte qu'ils sont frappés doublement.
Payer un prix élevé pour ces importations réduit le montant des sommes dont les résidents de ces pays peuvent disposer pour consommer. Cela contribue à la tendance vers la récession. (fig 6)
Fig. 6
La figure 6 montre que les « PIIGS » sont tous de gros importateurs de pétrole et de gaz naturel.
En fait, ce sont les cinq pays figurant sur la sur la gauche de la figure 6, qui ont le plus haut niveau d’importation. Lorsque les prix du pétrole augmentent, ces pays sont touchés de manière disproportionnée, par exemple, des touristes qui ne peuvent plus s'offrir des vacances dans leur pays. Leurs problèmes de la dette sont en partie liés au prix élevé du pétrole. De plus, quand les travailleurs sont licenciés, un pays recueille moins d'impôts et augmente ses besoins pour financer l’aide aux travailleurs sans emploi.
Les Etats-Unis ont un niveau relativement faible de pétrole importé ainsi que de plus faibles importations de gaz par rapport à la plupart des pays européens. Ceci est dû en partie à son utilisation importante du charbon et du nucléaire, et aussi à cause de de ses réserves de pétrole et de gaz.

Un autre facteur qui favorise les
 États-Unis c’est le prix actuellement bas du gaz naturel us, par rapport à celui payé par l'Europe et le Japon (figure 7).
Fig. 7
Les prix américains de gaz naturel sont actuellement extrêmement faibles, en raison d'un déséquilibre entre l'offre de gaz naturel et la demande. Ces faibles prix du gaz naturel signifient que le coût de chauffage des maisons et le cout de l'électricité sont maintenant inférieurs à ce qu'ils ont pu être. Ces coûts inférieurs de chauffage compensent la hausse du prix du pétrole/essence.
La raison pour laquelle le Japon, l'Allemagne, la Suisse et la France n’importent pas plus de pétrole c’est qu’historiquement ils ont développé d’importantes installations d'énergie nucléaire. (Fig. 8)
Fig. 8
Si les pays ayant des programmes nucléaires décident de les supprimer, il sera difficile de trouver d'autres sources d'énergie de substitution. Beaucoup espèrent que le vent et l'énergie solaire seront des substituts, mais c'est loin d'être prouvé. Et cela prend du temps.
Quel avenir pour la zone euro?
La zone euro comprend 17 pays qui ont adopté l'euro. Elle ne comprend pas les grands pays producteurs de pétrole : la Norvège et le Royaume-Uni. Et elle ne comprend pas la Suisse. La figure 9 (ci-dessous) la Zone Euro est à peu près entièrement dépendante des importations.
Figure 9
Figure 10 même situation de dépendance pour l’approvisionnement en gaz naturel :
Fig. 10
Les pays la zone euro peuvent s'attendre à dépenser plus d'argent pour le pétrole et les importations de gaz dans l'avenir, en supposant qu'ils puissent obtenir ces produits quand ils le veulent.
La zone euro a un problème supplémentaire : avoir une monnaie commune, mais des dettes contractées par des pays différents. Aucun pays ne peut émettre de la monnaie. Il est donc aisé d'en arriver à la situation où nous sommes aujourd'hui, avec la Grèce et un certain nombre d'autres pays proches de défaut de paiement.
Fig. 11
La question à l'avenir, outre les problèmes de la dette, est de savoir comment la zone euro, va régler ses problèmes énergétiques. Après l'accident de Fukushima, beaucoup se demandent si le nucléaire est vraiment une bonne option. Une autre option est le charbon, mais il est problématique d'un point de vue du CO2. Il y a un peu de charbon dans la zone euro, mais moins que ce qui est actuellement consommé, et l'extraction est à la baisse chaque année  (fig. 11).
 
Les pays qui se sont regroupées dans la zone euro sont dans une position de faiblesse en raison de leur situation d'approvisionnement en énergie. Il a eu beaucoup de travail effectué sur l'énergie éolienne et solaire dans la zone euro, mais celles-ci ne représentent encore qu'un faible pourcentage de la consommation d'énergie. Alors que nombreux sont ceux qui affirment que «les énergies renouvelables» sont la voie de l'avenir, le fait demeure que la grande majorité de l'énergie ne provient pas de sources d'énergie renouvelables, et le prix élevé du pétrole et du gaz sont déjà en train de devenir très préoccupants.

Diverses politiques ont été mises en place pour lutter contre l'usage des combustibles fossiles, mais les pays la zone euro restent très dépendants des combustibles fossiles. Avec l'offre mondiale de pétrole stagnante et d'autres parties du monde qui croissent plus rapidement que la zone euro, la zone euro devra procéder à des réductions importantes dans l'utilisation du pétrole dans les années à venir.
Une façon pour que cela arrive, c'est par le décrochage d’un ou de plusieurs pays de la zone euro. Ces pays reviendraient à leurs anciennes monnaies, et les laisseraient se dévaluer. Avec des monnaies dévaluées, ces pays se sentiraient en mesure de rivaliser dans le commerce touristique et sur les marchés à l'exportation. Cela laisserait les pays restant dans la zone euro dans une position moins compétitive, et il deviendrait avantageux pour d’autres pays de la zone euro de la quitter. Ce scénario semble conduire à la fin des défauts de paiement la zone euro et à la fin de la zone euro elle-même.

Alors que les États-Unis, Royaume-Uni et le Japon semblent être en meilleure posture, ce n'est pas nécessairement le cas pour le long terme.
Les situations individuelles des pays sont temporaires. Le Japon est vulnérable aujourd'hui, avec la plupart de ses centrales nucléaires en arrêt, et sa nécessité d'un accroissement des importations pour équilibrer la situation. Les Etats-Unis ont maintenant des prix du pétrole baisse mais ça changera.

Sur le long terme on peut s'attendre à ce que ce soit différent parce que les problèmes d'un pays affectent tous les autres pays. S'il y a défaut de paiement dans l’un des PIIGS, il est susceptible d'affecter les banques et les compagnies d'assurance à travers le monde. En outre, presque tous les pays ont un problème de la dette, à moins que revienne la croissance économique. Si les nations du monde se partagent un approvisionnement en pétrole qui stagne, il est difficile que la croissance économique ait lieu, parce que les prix élevés du pétrole réduisent les fonds disponibles à d'autres fins.
Donc à la fin, il importera peu de savoir quels pays auront été les premiers et les plus touchées par un approvisionnement en pétrole limité et des prix trop élevés.
Ce sera le monde entier qui en ressentira l'impact.

Gail Tverberg






7 commentaires:

  1. me rappelle plus combien sont les taxes,TVA et autres sangsues qui accompagnement ce vol en empêchant toute espérances en des énergies depuis longtemps mises au placard car l'énergie naturelle ne rapporte rien aux oligarques ..
    merci WENDY pour vos pointilleuses recherches à nous informer..

    RépondreSupprimer
  2. Figure 10, la petite tâche bleue c'est là où je me trouve et les Pays-Bas produisent du gaz off-shore (la nuit la mer du Nord est couverte de bateaux qui viennent se ravitailler auprès des plate-formes) et l'exportent. Mais cela ne change rien à la facture puisqu'au final il faudra encore trouver 15 milliards à économiser (grève des profs aujourd'hui, c'est rare une grève ici).

    RépondreSupprimer
  3. heu dootjeblauw..

    c'est juste pour dire que le Brut est le 10 èm des taxes alentours ..
    le Brut est une arnaque .
    Qu'il augmente encore plus et vous verrez s'enrichir ceux qui nous volent..
    Un monde reflet de ce que nous créons peut être ??

    ok,je suis limite ce que je dis ...
    à pluche

    RépondreSupprimer
  4. aucun rapport avec le billet :
    encore un remède contre le cancer .. une cure de sang de serpent à sonnette....??

    http://www.ktla.com/news/extras/ktla-miracle-rattlesnake-cure-274361,0,7147070.story

    steph

    RépondreSupprimer
  5. remarquez que c'est aussi sans rapport avec le billet .
    Quand on est amoureux de WENDY on peut tout ce permettre..
    Bisous Anonyme de 12.28 PM

    RépondreSupprimer
  6. merci à tous ! tous les matins je traduis des pages qui ne sont pas affriolantes de textes rudes. je suis bien contente de vous voir intéressés.
    ha ! si nos politiques pouvaient nous parler de tous ces soucis de fonds..mais non !
    entre les impositions coréennes à 75% et le steak alal, ils sont bien trop occupés...

    RépondreSupprimer

Sans Modération.

------------

Respecter les autres est la base de l'échange.

Il faut beaucoup d'efforts pour construire et peu de bêtise pour détruire.

Ni insulte, ni incivilité, ni appel à la haine raciale ne seront acceptés. Je supprimerai les commentaires en comportant.